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 Des OURS et des hommes...

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MessageSujet: Des OURS et des hommes...   Jeu 19 Jan - 17:49

Il y a certaines personnes que l'on ne devrait pas autoriser à exister, tant elles sont dangereuses pour leur entourage immédiat ("immédiat" signifiant ici "à portée d'une action incroyablement stupide, à forte probabilité de leur en foutre plein la gueule dans les plus brefs délais"). Visiblement, Troy Francis faisait partie de cette catégorie. A moins qu'il ne fasse partie de ceux qui confondent "Tire-moi de là" avec "Tente un attentat-suicide en me niquant l'épaule au passage, puis sors un bon mot qui te donnera l'air bien badass pendant quinze secondes et demi". Parce que oui, Joe avait putain de mal à l'épaule. L'un des inconvénients du statut de squelette était une certaine vulnérabilité aux fractures, sans muscle pour protéger l'os ; de même, seuls les os maintenaient les membres entre eux, si bien qu'une fracture de la clavicule, par exemple, l'aurait littéralement privé de son bras jusqu'à réparation. Pendant que la fumée de l'explosion se dissipait, Joe vérifia rapidement que son épaule n'était pas cassée. Apparemment il n'y avait rien de grave, mais il résolut de ne pas trop forcer sur son bras droit, à la fois pour sa santé et pour son image. Un squelette qui trimbale son propre bras en hurlant de douleur, ça n'a rien de très impressionnant... c'est même plutôt risible. Et question risible, il avait déjà eu sa dose en se laissant ligoter par des soutien-gorges sur l'arrière-train d'une autruche, dotée de bas résille, d'une moustache postiche et chevauchée par un Okama-cow-boy en prime. C'est pourquoi il prit un soin tout particulier à récupérer sa dignité en vissant son couvre-chef sur sa tête et en s'allumant un nouveau cigare venu des deux boîtes qu'il avait sauvées avant l'explosion du bateau. Puis après, seulement après, il botta violemment le cul de Troy.

- ET TOI TU ME DOIS UN PRESSING ABRUTI ! T'AS VU UN PEU L’ÉTAT DE MON MANTEAU ? IL EST TROIS FOIS PLUS VIEUX QUE TOI, ALORS UN PEU DE RESPECT BORDEL ! Cela étant, merci quand même, t'as de l'initiative gamin ! Avec le temps tu feras un très bon pirate, khrrréhéhéhéhéhé !

Si Joe SmökE était légèrement irritable quant à ses vêtements, il ne pouvait manquer de saluer la débrouillardise de son navigateur. Il était capable, de temps à autre, de donner une autre impression de lui-même que celle que l'on a lorsqu'on découvre que les chocolats dont on s'empiffre depuis dix minutes sont en réalité des cafards enrobés de cacao. Parfois, Troy Francis se révélait être du VRAI chocolat, comme cette fois sur Centaurea, où grâce à un tir mémorable effectué à plusieurs centaines de mètres, il avait renversé le cours de la bataille entre la Révolution et le Gouvernement. La blessure qu'il avait infligée à Luke Haar Fabre avait laissé assez de répit à la Marine pour engager l'offensive sur les révolutionnaires et prendre l'avantage dans la bataille qui s'en était suivie. Ce jour-là, Troy avait rendu un fier service au Gouvernement Mondial ; ce qui n'empêcherait sûrement pas ces chères autorités planétaires de lui coller un avis de recherche sur la tronche à la fin de cette petite aventure, au train où allaient les choses. Un cocktail Molotov dans la gueule d'une unité d'élite, ça fait toujours mauvais genre quand on veut rester du bon côté de la ligne rouge. Si tant est qu'on puisse qualifier de "bon côté" celui où on ne peut même pas se payer une bagarre de taverne, un pillage ou un viol de temps en temps. Mais laissons là ces considérations d'ordre moral, et revenons à nos deux énergumènes face aux OURS qui commençaient à se relever. Deux énergumènes, oui. Le cureton s'était lâchement cassé on ne savait trop où, confirmant plus ou moins l'opinion que Joe se faisait de sa corporation : "Tous des pédés."

Joe avait déjà eu à plusieurs reprises l'occasion de croiser la route d'hypnotiseurs pendant sa carrière de pirate, et il savait qu'il ne pourrait pas se battre correctement tant qu'il pouvait voir ces cavaliers aviaires danser. Il ramassa le premier morceau de tissu qui lui tombait sous la main - en l'occurrence, un soutien-gorge rose frappé d'une étoile jaune sur chaque bonnet - et le noua autour de sa tête de façon à cacher ses orbites vides. Il ne pouvait ainsi plus rien voir, mais le combat à l'aveugle ne le dérangeait pas : dans sa jeunesse, il lui était arrivé plus d'une fois de se battre dans la nuit la plus noire, moment de prédilection des bastons de bar, des règlements de comptes et des fuites précipitées qui s'en suivaient. C'est pourquoi, lorsqu'il entendit le cliquetis d'un pistolet que l'on charge, il se tourna sans tarder dans la bonne direction et bondit tout en dégainant son sabre. Sa légèreté de squelette le propulsa en avant à une vitesse inégalable pour un être humain normal. Pendant qu'il fusait vers le tireur, sa lame décrivit un large arc de cercle devant lui pour le protéger de la balle, en réalité une cartouche de rouge à lèvres qui se trouva tranchée net. L'acier était ainsi déjà écarlate avant de plonger dans le corps de l'OURS. Joe sentit une résistance, peut-être un os, qui ne tarda pas à céder sous la force de son élan. Puis la lame sortit, rentra, sortit, rentra, sortit, rentra et sortit une dernière fois. Quatre coups d'épée, dont un seul avait suffi à empêcher l'homme de tirer une deuxième cartouche pour l'éternité. Au toucher, le squelette localisa l'autruche et l'attrapa par le cou. D'une traction, il la souleva et commença à tournoyer sur lui-même en la tenant à l'horizontale, peu soucieux du terrible torticolis qu'elle ne manquerait pas de se payer sous peu. Sans vraiment savoir où il allait, il se mit à courir dans tous les sens sans cesser de tourner, le hasard faisant qu'il frappait de plein fouet l'un des OURS de temps à autre. Ne voulant pas abîmer l'autruche, les Okama-cow-boys hésitaient à tirer ; et c'est en toute impunité que Joe galopait de-ci de-là, emplâtrant au petit bonheur ce qui se trouvait sur son passage - et peut-être Troy aussi, allez savoir... Jusqu'à ce que, pris de vertige et de douleur à l'épaule, il s'arrête de tournoyer et laisse tomber la pauvre autruche à terre - torticolis, jambes brisées, asphyxie partielle et traumatisme psychologique à vie. Relevant prudemment le bord de son soutien-gorge, il risqua un regard aux alentours. Les OURS avaient tous été plus ou moins touchés, et maintenant que l'orage était passé, ils s'apprêtaient à riposter... Joe fut alors pris d'une irrésistible envie de se réconcilier avec quelqu'un...

- Troy ? T'es là ?


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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Ven 20 Jan - 15:32

Contrairement à ce que la majorité du monde pouvait penser (y compris Lion et moi-même dans certains moments de distraction), le capitaine des BAM's restait bien Joe SmökE. Et il aimait à le rappeler régulièrement. Cela dit, c'est dans les moments où on n'entendait pas parler de lui que ce fait nous semblait le plus évident. D'un côté parce qu'il ne disait plus rien et que sa crédibilité en était renforcée, de l'autre, parce qu'il avait tantôt la bonne idée de réaliser quelque chose qui sert à notre intérêt commun. Et Dieu sait que c'était rare chez nous. Parce que le fait de se bander les yeux avec un soutif était probablement l'action la plus utile réalisée par Joe SmökE depuis ces trois derniers mois. Cela dit, je ne pus observer très longuement le bonhomme. Car à peine avait-il mit hors d'état de nuire l'un des OURS que je me prenais son autruche en pleine poire. Autant vous dire que j'ai mis pas mal de temps à comprendre d'où venait le problème. Il s'agissait en fait de Joe qui... fit comme d'habitude en fait. A savoir se rendre ridicule après avoir été classe. J'vous jure. Tournoyer avec une autruche, surtout quand on est un squelette, c'est quelque chose d'assez cocasse.

- Troy ? T'es là ?

Comme prévu, la fatigue chez lui ne tarda pas à se faire sentir. Certes, il était un sympathique capitaine mais sa condition de squelette faisait de lui quelqu'un qui tombe facilement mort de fatigue. Et... Ah mais... Ouais, oubliez ce que j'ai dit. Enfin, pour revenir au fait qu'il était désormais un peu moins dynamique qu'il y avait encore quelques instants, je regardais un peu l'état de nos ennemis. Il les avait tous plus ou moins sonnés mais il était certains que les autruches et leur monteurs se relèveraient bientôt. Et fallait qu'on s'bouge un peu plus sérieusement si on voulait se sortir en bon état de cette histoire. Seulement, si j'avais tout à l'heure libéré mon capitaine, je n'étais pas forcément en état d'assumer mes excès de folie. En effet, si j'allais plutôt bien en règle générale, mes brûlures au niveau de mes chevilles me tiraient atrocement. Hélas, je devais actuellement faire avec. Donc la seule réponse que j'eu pu trouver à donner au Cap’tain Joe à c'moment-là fut des plus terre à terre.

"T'façon, moi j'dis que dans la situation dans laquelle nous sommes, on est dans la merde. En plus, j'ai plus d'alcool, j'ai à peine assez de poudre pour remplir un chargeur de mon fusil. Donc soit on se laisse capturer en attendant de retrouver la forme, soit on se débrouille comme des cons en attendant Lion pour que..."
"Lion... Froussard?"
"Ouais, pourquoi?"
"Vous voulez dire que Lion Froussard, le primé à 18 millions de Berrys est votre capitaine?"
"QUOOOOOOOOOOOOOOOOI ?!"


J'ai hésité entre éclater de rire et détruire tout ce qui me passait par la main. J'ai donc détruit tout ce qui me passait par la main en éclatant de rire. Autant vous dire que la pauvre autruche que Joe avait déjà bien amochée fut ma première victime vu qu'à mon tour je la rattrapais par le bide afin de la jeter sur un des OURS qui se tenaient là. Puis je sautais à la suite de l'autruche inconsciente en saisissant mon fusil par les deux mains. L'OURS esquiva l'autruche sans trop de problème mais n'eut pas vraiment la chance de voir autre chose ce jour-là, car le coup de crosse que je lui envoyai dans la tronche eut raison de son état conscient, lui qui n'était pas encore tout à fait remis de l'explosion de ma bouteille et de la petite danse de Joe. Je retombais au sol, toujours en riant, suivi de près par le propriétaire de l'autruche que je venais d'assommer. Je rangeais mon fusil dans mon dos une nouvelle fois avant de cracher au sol et pointer Joe du doigt.

"Alors d'une, c'est lui notre capitaine, même s'il paraît un peu mort. Car ouais, notre capitaine, c'est Joe SmökE ok? ET EN AUCUN CAS LION FROUSSARD CONNARD. Et de deux, je ne sais pas comment cet abruti a été primé, mais c'est en AUCUN CAS celui qui le mérite le plus ! Alors il est hors de question que je me fasse niquer par un crevard au niveau de la célébrité, tout simplement parce qu'il a une crinière. Doooooonc, jeunes gens plus ou moins laids, il est temps de vous faire votre fête."

Si on pouvait accorder à la prime de Lion un avantage, c'est qu'elle m'avait clairement fait oublier mes moindres douleurs. Mes chevilles? Rhahahaha, non plus rien. Rien ne me faisait plus mal que de savoir que notre jeune andouille de musicien était reconnue par le gouvernement pour... pour? Pour rien ! Ouais, je suis puéril. Et si je pouvais à la limite accepter que, dans la hiérarchie logique, Joe devait être en haut de la liste, que ce soit la mascotte le "danger public", ça me restait un peu en travers de la gorge. Surtout quand on le connaissait. Car le seul danger qu'il représentait réellement était celui de nous casser les pieds. Aussi, et afin de prouver que je valais mieux que le chevelu du coin, j'étais bien décidé à me farcir ces OURS moi-même (ce qui n'empêchait pas l'aide de quiconque, hein) alors que quelques secondes plus tôt seulement, j'étais un peu résigné.

Enfin bref, tout cela pour dire que j'étais à nouveau en pleine forme et bien décidé à me frotter à ces quelques ennemis gay. Enfin... Je crois qu'ils sont gays. Après tout, ça dépend un peu des circonstances. Par exemple, Joe peut difficilement faire autrement. Eux, ça avait plutôt l'air d'un choix. Mais revenons à nos moutons. Donc aux autruches. Mon discours semblait avoir rendu la plupart des types assez perplexes. Ce qui ne les empêchait pas d'être hostiles. En effet, rapidement après que j'eusse frappé leur collègue et parlé, une certaine partie d'entre eux avaient dirigé leurs pistolets qu'ils avaient remplis de... cartouches de rouge-à-lèvres... ? ... dans ma direction. J'eu d'abord la mauvaise idée de leur rire à la tronche. Quand je sentis passer une première cartouche trouer ma chemise, ma figure vira sans doute au blanc. Car ces putains de rouge-à-lèvres, on sait tous que c'est dangereux. Et c'est alors que les autres armaient leurs pistolets que je bondis derrière l'autruche encore debout du type que j'avais préalablement assommé. Bien m'en a pris, car lorsque l'autruche, trouée des projectiles des OURS encore debout s'effondra sur moi, je ne pouvais qu'être heureux d'être encore en vie. C'est alors que me vint une idée plutôt sympathique. Certaines personnes n'étaient plus en vie ici. Mais parmi celles-ci, l'une de ces personnes n'était pas non plus tout à fait morte. Je m'extirpais du corps de l'autruche et pointa Joe du doigt.

"Hey ho ! C'est lui le capitaine, pas moi ! C'est sur lui qu'il faut tirer !"

Car Dieu sait qu'un squelette sait éviter les balles.


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"Vous avez à boire sinon?"

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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Dim 22 Jan - 17:35

Gronchubidard se savait lié à un cahier des charges à peu de choses prêt aussi souple qu'il ne l'était lui même. Le cahier des charges de l’héroïsme. En fait de cahier, s'il avait eu un support, il aurait sans doute été imprimé sous format encyclopédique compte tenu de la quantité astronomique de règles auxquelles devaient se conformer les héros. La plupart d'entre eux les suivaient à la lettre sans même y penser et composaient cette très large catégorie de héros naturels, prédisposés par leur caractère à cette condition. D'autres maniaques, eux, souvent plus malins que les premiers, mais résolument moins chevaleresques, se créaient une mesure héroïque de toute pièce, souvent en dépit d'une condition physique minable et d'une personnalité banale voir sans intérêt, en tentant d'agir comme un héros, ce qui leur est parfois difficile compte tenu de ce que l'instinct de survie tend à aiguiller le sud sur la boussole du courage. Quoique les personnes composant cette dernière catégorie suivaient dans la mesure du possible le cahier des charges, ils n'avaient finalement de héros que le tampon syndical. Tenez le vous pour dit : lorsque l'on tente de faire comme tel, c'est que l'on est pas le tel en question. Gronchu, lui, appartenait à une troisième catégorie de héros que le fruit du quatrième mur avait créé sur mesure pour lui : Celui qui, sachant qu'il en est un de facto jusqu'à sa mort, et sachant que celle-ci n'arrivera pas tant que l'histoire continue d'exister, se contente de la suivre tant que celle-ci ne lui en demande pas trop. Notre bonhomme était somme toute l'antithèse de la seconde catégorie : En héros en bonne et due forme se tenant à bonne distance de l'héroïsme. Et s'il se savait lié au cahier des charges de la fonction, il préférait se dire que le cahier lui était lié à LUI. Et s'il n'arrivait pas à suivre le rythme, il n'avait qu'à aller se faire voir. En l’occurrence, il n'allait pas tarder à aller se faire voir.



Gronchu' faisait face depuis maintenant une bonne minute au Cardinal Ammodechénoux escorté d'une troupe de confédérés sans que personne ne pipe mot dans une ambiance dite de l'école de la grand-rue de Dodge City lorsque deux type dotés de la réputation d'être la plus fine gâchette de l'ouest se rencontrent. Soudain, notre bonhomme se mit à farfouiller ses poches et en ressortit une barre de chocolat à moitié entamée qu'il brandit devant lui quelques secondes à la manière d'un artéfact sacré (un geste qui valut quelques mouvements de reculs aux moins effarouchés) avant de croquer dedans puis de jeter le papier d'emballage par dessus son épaule. Quelques chuchotements perlèrent du détachement. Gronchubidard leur répondit d'un pointement de doigt accablant.


"Pauvres fous que vous êtes ! VoOOOous qui de savez rien du destin, voouuus qui n'avez que votre ignorance comme bouclier, PRENEZ GARDE, PRENEZ GARDE ET PRENEZ PEUR CAAAAAAR ...

Notre Bonhomme marqua une pose. Il commençait à avoir un doute. Est-ce qu'il n'en faisait pas un peu trop ? Mais tant pis, il avait commencé, et perdu pour perdu, ça valait le coup d'essayer.

... J'ai consulté les augures ET ma demi-barre de CHOCOLAT m'a prévenu qu'en cas de combat avec MOI, GRONCHUBIDARD MORTIBURN, LE GRRRRAND CUISINOMANCIEN, vous seriez tous damnés pour l’éternité, souffrirez d'horribles ampoules au pied jusqu'à votre mort et, qu'en prime, vous risqueriez fort de vous faire démonter le cuissot au cours du combat. JE VOUS PRÉVIENS, MOI, avec cet insondable abysse de gentillesse qui me sert de coeur, JE VOUS METS EN GARDE : Épargnez vous des mandales dans la gueule, épargnez vous la damnation éternelle, et par dessus tout, épargnez vous la perspective d'un tas de champignons sous la plante des pieds, ET FOUTEZ MOI LA PAIX !!! AINSI A PARLÉ MA DEMI-BARRE DE CHOCOLAAAAAT !!!"


C'était un artifice un peu grossier et loin d'être héroïque mais cela avait le mérite d'être plein de panache. Notre bonhomme n'avait pas finit sa diatribe, ni même évoqué les champignons qu'une portion non négligeable de l'escouade avait déjà déserté à toute blinde si rapidement qu'en se sauvant de la damnation, ils s'étaient condamné à la perspective des ampoules plantaires invoquées par le bonimenteur. A croire que le quidam jouissait vraiment du don de clairvoyance pantagruélique. Gronchubidard fut le premier surprit en constatant que sa fumisterie avait fonctionné. Lui même n'avait jamais vraiment cru en l'efficacité d'un tel stratagème, mais s'y était résolu parceque ça avait au moins le mérite de lui faire gagner du temps. Ne demandez pas "du temps à quoi ?". Pour les héros, un gain de temps, même s'il n'en saura pas faire l'usage, est toujours profitable. L'histoire, elle, saura bien mettre ce rab à profit pour tourner la situation à son avantage. C'est pour ça que les méchants ont une tendance naturelle à expliquer leur plan au héros lorsque celui ci est acculé.


En voyant ses hommes déserter, Amoddechénoux s'était retourné pour se mettre à exulter les mutins, armé d'une faconde rivalisant de charisme avec celle de notre Cuisinomancien.
"Mais .. MAIS REVENEZ BANDE DE PETITS PAÏENS SOUILLÉS D’ÂME ET DE SLIP !! CELUI QUI DISTRIBUE LA DAMNATION ÉTERNELLE ICI, C'EST MOI !! ET J'VOUS PRÉVIENS QUE LA VOTRE, VOUS ALLEZ LA SENTIR PASSER !! TAS DE NUDISTES A PAILLETTES !!"


Voila, ça, c'était un bon exemple de temps gagné. Du temps gagné hors du champ de vision du Cardinal pour être plus précis. Et ce temps là, Gronchubidard savait très bien quel usage en faire. Un usage contondant. Et chaud. Mais le cierge était un instrument bruyant, visible et surtout lourd. Trop lourd en tout cas pour espérer prendre une personne doté des réflexes du Cardinal par surprise. Celui-ci, surprit par l'initiative peu orthodoxe de son Némésis, eut tout juste le temps de se pencher en avant pour éviter la masse d'or du bougeoir qui, dans son arc, croisa tout de même la route d'une demi douzaines de têtes moins alertes et, en résultat, moins conscientes et plus chaudes. Profitant de ce que le bonhomme faillit être emporté par l'élan de son arme, le Cardinal ouvrit le petit bouquin à reliure de cuire qu'il tenait jusqu'alors, y jeta un coup bref coup d'oeil et lacha
"LIVRE DE SAINTE MARIE LA PINCE, VERSET HUIT, HOLY GROIN SHOT' !!"
Et décrocha à un Gronchubidard peinant à stabiliser son arme, un violent coup de pied dans une-partie-du-pantalon-ou-la-toile-est-très-tendu-et-qu'il-n'est-pas-correct-de-nommer. Notre héros aurait sans doute décollé du sol sous la puissance de l'impact si seulement l'élan de son arme ne s'en était pas déjà occupé.
"Vois-tu, Gronchubidard Mortiburn, même avec tes tours de passe passe et tes artefacts démoniaques dont le feu tiré des profondeur volcaniques de l'enfer est aussi chaud que la plus ardente des treize Cuves-Baignoires de Satan, tu ne peux rien contre moi car ..."
"C'est qu'une bougie, pauvre Guignol entourtré de la loche." Le coupa le bonhomme en se massant douloureusement l'entrejambe
"Car disais-je, je suis le plus grand spécialiste de la Bible Vicieuse de ce monde !" Conclu-t-il l'air victorieux.


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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Mer 25 Jan - 15:24

Il y a certaines personnes que l'on ne devrait pas autoriser à exister, tant elles collent à la définition du mot "gros connard" (c'est à dire "personne qui, non contente d'utiliser une autruche comme bouclier, essaie ensuite de faire porter le chapeau à son propre capitaine"). Visiblement, Troy Francis faisait partie de cette catégorie. Et si en temps habituel, Joe SmökE portait le chapeau avec une grâce inégalable, il faut bien reconnaître qu'en ce moment précis, il se serait fort bien contenté d'un simple bonnet péruvien. Non seulement les OURS n'eurent pas l'amabilité de le lui céder, mais ils se débrouillèrent en plus pour lui ôter son soutien-gorge, ce dont il n'aurait pas manqué de s'offusquer si :
1. Il avait été une femme
2. Il lui avait resté des mamelles à cacher
3. Il avait porté le soutien-gorge sur sa poitrine, et non sur son visage.
Ne remplissant aucune de ces conditions, Joe n'en était pas moins gêné de ne plus avoir son soutif, étant donné qu'il était maintenant exposé à la danse hypnotique des OURS. Et comme si ça ne suffisait pas, l'Okama-cow-boy qui lui avait ôté son accessoire mammaire en avait profité pour le plaquer contre une statue de Clauster MacBeasty et lui coller son pistolet à rouge à lèvres sur le front. Le pirate, en ce moment même, se félicitait intérieurement d'être un squelette, car nul doute que ce contact physique appuyé aurait quelque peu aguiché l'OURS si le brave Joe avait toujours eu sa peau ferme et ses muscles d'antan. Et bien sûr, histoire de corser un peu plus la situation, les autres membres de l'Ostrich Ultimate Riders Squad avaient tous mis en joue notre capitaine préféré, suivant l'injonction de Troy - ou tout simplement désireux d'en mettre plein la face à celui qui avait tué l'un de leurs congénères. Joe était donc dans une situation délicate, très délicate. Et étant donné la manière dont son navigateur lui avait rendu service les deux dernières fois, il ne valait mieux pas demander de l'aide pour une troisième. Si les dégâts que provoquait Troy étaient toujours proportionnels à la merde dans laquelle se trouvait le capitaine, cette fois-ci il était plus précautionneux de s'abstenir - même si à ce niveau-là, on aurait carrément parlé de déontologie plutôt que de précaution. Le squelette n'avait donc d'autre choix que d'espérer un subit retournement de situation. Qui ne semblait pas arriver. L'OURS semblait l'avoir compris, et c'est avec un petit sourire satisfait qu'il demanda :


- Alors, t'as joué ta dernière carte ?

Carte ?

- J'ai justement un jeu de cartes dans ma poche, l'ami... J'aurais tellement aimé faire une dernière partie de poker !

Si ça marchait, c'est qu'ils étaient vraiment très cons.

- Tu nous prends pour des abrutis ou quoi ?

Dommage, c'était bien essayé...

- Si on joue au poker j'suis sûr que tu vas nous plumer ! On va jouer au Rami-souris plutôt, à ce jeu-là on gagne à tous les coups, hihihihihi ! ♥

Avant que Joe n'ait eu le temps de se demander s'ils étaient vraiment aussi cons, ou si cela faisait partie d'une manœuvre beaucoup plus vaste et subtile, les OURS avaient déjà rangé leurs armes et soulevé leur chapeau, révélant chacun une souris munie des mêmes moustaches postiches et bas résilles que leurs autruches. Les dites autruches se rassemblèrent en cercle, faisant office de sièges pour les Okama-cow-boys. Joe s'appropria l'autruche qu'il avait lui-même traumatisée, la roulant en boule du mieux qu'il pouvait pour pouvoir s'asseoir dessus confortablement, puis il fit signe à Troy de prendre place à côté de lui. Pendant ce temps, les OURS avaient étendu leurs gilets de cuir à terre, formant un espace de jeu de fortune. Sans plus tarder, les souris à moustaches et bas résille se mirent à se partager les cartes de Joe en paquets égaux, qu'elles chargèrent sur leur dos avant de commencer à courir en rond tout autour des gilets. Le squelette observa ce curieux spectacle quelques instants, avant de reporter son attention sur l'un des OURS, au T-shirt marqué de la mention Catapulte, qui lui expliquait les règles du jeu.

- C'est très simple : le but du jeu est d'avoir une famille de cartes, soit as, roi, dame, valet, dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, de la même couleur. Pour ça, on attrape une souris, une seule à la fois, attention ! On la repose et on regarde ses cartes. Puis on recommence avec une autre souris, mais on n'a pas le droit d'avoir plus de treize cartes en main ; donc quand on dépasse la limite, il faut remettre celles en trop sur une souris, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on ait une famille. A ce moment-là, on saute au milieu de la table en disant "FAMILLE YAY ! ♥" puis on enlève son T-shirt et on fait une danse sensuelle !
- C'est dans les règles ça ?
- C'est plutôt un genre de tradition, hihi ♥


Sur ces entrefaites, le jeu commença. Les souris galopaient en rond tout autour de l'espace de jeu, et la première difficulté était de choper l'une de ces saloperies pour lui piquer les cartes qu'elle portait sur le dos. La deuxième difficulté, et non des moindres, était de constituer une famille... avec un jeu uniquement constitué de sept de pique. Joe piochait frénétiquement les souris, retournait les cartes dans tous les sens possibles, fumait cigare sur cigare et se tiraillait la barbe sans jamais trouver de solution à ce problème. Par quelques regards en coins, il s'assura que tout le monde était dans le même cas que lui ; visiblement oui. Les OURS regardaient leurs cartes les sourcils froncés, des gouttes de sueur perlant à leurs tempes, concentrés sur le jeu qu'ils trouvaient bien plus difficile que d'habitude, sans arriver à saisir pourquoi. Plusieurs tentatives de "FAMILLE YAY ! ♥" furent effectuées par les participants, mais ils eurent pour seule récompense la disqualification : celui qui propose une fausse famille au Rami-souris doit se mettre la tête dans le sol, avec sa propre autruche sur le dos. Si bien qu'au bout de quelques minutes, il ne restait plus que sept OURS en jeu, sur les douze qui avaient débarqué dans le manoir quelques temps auparavant. La situation commençait à tourner en faveur des BAM's... à moins d'un événement inattendu qui reviendrait foutre nos deux compagnons dans la merde.

- FAMILLE YAY ! ♥
- Mais t'as que des sept de pique ! Toi aussi t'as triché ! Allez, la tête dans le sable !
- J'viens de m'apercevoir, c'est normal en fait ! Y a que des sept de pique dans mon jeu, khrrréhéhéhéhéhé !
- ...
- Ben quoi, c'est interdit ?
- ...
- On peut jouer au poker maintenant ?
- ...
- ...
- ...
- Vous avez remarqué ? Cette souris, là, elle est rousse ! Khrrréhéhéhéhé ! C'est... C'est pas commun ça... Enfin j'veux dire, une souris rousse quoi... Non ?


Lorsqu'il y a un truc à ne pas dire, soyez bien sûr que, quelles que soient les circonstances, Joe SmökE le dira.


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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Ven 27 Jan - 18:46

Contrairement à ce que la majorité du monde pouvait penser (car oui, moi aussi je suis capable de faire des running gag), le capitaine des BAM's restait bien Joe SmökE. Et il aimait à le rappeler régulièrement. Si tout à l'heure je vous avais expliqué qu'il savait faire péter la badasserie comme personne avant de ruiner lui-même son effet, il est désormais temps d'aborder le deuxième principal trait de caractère qui faisait de lui le capitaine : sa façon de parler. Entendons-nous bien, Joe SmökE était un étonnant orateur. Il savait parfaitement faire ses discours quand il le fallait et c'était souvent bien pratique. Mais il avait aussi la mauvaise idée de ne pas savoir tourner sept fois la langue dans sa bouche tout simplement parce qu'il n'en avait pas et je dois remercier Gronchubidard pour ce calembour stupide. Car en effet, une fois n'est pas coutume, mon bon vieux capitaine avait réussi à renverser la situation (et deux OURS au passage) simplement en proposant une incongrue partie de cartes. Mais il ne parvint pas à tenir sa l... A se retenir assez longtemps. C'est dommage, on n’était pas trop mal parti. Comme quoi, mieux vaut glisser du pied que de la ... Bordel. Gronchubidard Mortiburn n'était même pas encore dans l'équipage qu'il commençait déjà à me faire chier.

D'ailleurs à propos de celui-ci, pendant que l'ami Joe s'amusait avec ses congénères dégénérés (au sens littéral pour mon capitaine), je constatais ce qui se déroulait un peu autour de nous. Si je croyais le gros bonhomme mort ou ailleurs, il était en réalité quelques courts mètres plus loin. Une quinzaine en fait. A la sortie du jardin pour faire simple. Il semblait se battre avec des mecs en robe et se débrouillait plutôt pas mal vu qu'il en étala une demi-douzaine à coup de torche. Quoique je ne sois pas sûr qu'il l'ait vraiment fait exprès. Reste que l'un de ses ennemis semblait plutôt bizarre : en plus de tendre un putain de bouquin vers l'obèse, il avait une vieille sale gueule. Je repensais alors au fait que le prêtre dont je ne connaissais pas encore le nom n'avait même pas tenté de me faire arrêter l'alcool et qu'il se battait peut-être contre les autres pour ça. Il me défendait contre mes détracteurs, contre ceux qui voulaient que j'arrête de boire. Probablement parce que c'était un type bien. Enfin quelqu'un qui s'intéresse à moi. Quand j'vous dis qu'il a une bonne gueule.

M'enfin bref, revenons plutôt à nos moutons/autruches/OURS/ornithorynques/animaux rigolos quelconques et rappelons donc le fait principal : si Joe avait réussi à nous débarrasser (temporairement du moins) de deux nouvelles andouilles, il en restait tout de même sept prêts à nous faire chier. Ils n'hésitèrent d'ailleurs aucunement à se remettre dans une position de combat (comprenez-là qu'ils se remaquillèrent). Je poussais un soupire blasé assis sur l'autruche (ma foi confortable) et j'ai regardé Joe. Je fixais ses yeux criants de détresse tellement ils étaient... Oubliez ce que j'ai dit. Mais on sentait la détresse quoi. D'un air de dire "Ouais j'suis un beau gosse comme Lion", j'ai détourné la tête et ai regardé le vide. Parce que oui, regarder le vide, c'est important. Puis j'ai mis ma main ouverte face à Joe, d'un air de dire "Ne bouge pas". Puis j'ai remarqué que je faisais pas mal de truc pour avoir l'air de dire quelque chose. Du coup, j'ai préféré parler. C'plus pratique. Dans l'fond.

"Je sais Joe. J'ai compris. Je suis ton équipage. Tu es mon capitaine. Lorsque parfois les choses tournent mal, je suis celui qui doit te sauver la mise. Parce que je suis dévoué. Je vais donc t'aider à nouveau."

Ce n'est que plus tard que j'ai appris qu’il n’aimait pas trop que je l'aide. Mais tant pis pour sa poire. J'fais ce que je veux bordel. J'suis un pirate.

Enfin bref, alors que les OURS s'apprêtaient à renouer avec la violence (et au hasard d'une action tenter de remettre sur pied leurs deux compagnons écrasés par leur propre monture), je réfléchissais à la façon dont on pouvait s'en sortir. Si cette petite pause m'avait permis de retrouver des sensations au niveau des jambes, m'avait calmé et avait permis à Joe de se refaire une santé, il était clair qu'elle n'avait pas été bénéfique qu'à nous. En effet, plus question désormais de profiter de la béatitude des OURS face aux divers chocs que Joe et moi leur avions affligé. Les coups d'épée dans le bide? Bof, ils bougent désormais trop pour ça. Le coup de crosse dans la tronche? Bah, ils sont largement assez lucides pour éviter un coup si lent maintenant. L'autruche bouclier? J'crois qu'ils voyaient assez clairs pour distinguer l'ennemi de la monture depuis la pause. En bref, l'idée de Joe, même si elle paraissait sympathique à première vue, nous avait quand même méchamment foutu dans la merde. Finalement, c'était peut-être cette capacité à toujours ameuter les conneries qui faisait du squelette le capitaine du groupe. Tant qu'il les assume...

Mais bon. On n’a pas toujours voulu se mêler à ses conneries nous. Et en plus j'lui ai promis de l'aider. Donc de le sortir à nouveau du pétrin. Comment faire? Je me relevais calmement et regardai autour de moi. Aucune échappatoire clairement. On devait donc se débarrasser des OURS et définitivement. Je n'avais pas assez de poudre dans mon fusil pour m'occuper de 7 bonhommes. Y avait de quoi déverser un chargeur de six balles. Bonjour le bordel. Que faire donc? Protéger bêtement mon capitaine des balles en attendant un nouveau coup de génie ou tout simplement éloigner le barda de la situation pour m'en débarrasser plus facilement après (de préférence en les fuyants) ? J'ai préféré la deuxième option. Mais l'exécution, après réflexion, laissait franchement à désirer. Car attraper Joe (poids plume de merde) pour le balancer droit vers le gros prêtre et sa bande, c'était pas tout à fait un bon plan. C'pas lourd un squelette. Mais quand ça tombe sur un obèse, c'est toujours rigolo à voir.

Cela dit, je n'ai pas vraiment pris le temps de me préoccuper de ce qui arriverait encore à mon capitaine. Pour deux raisons. La première était que je ne voulais pas déranger le gros bonhomme plus que ça et par conséquent, devais retenir les autruches afin qu’elles ne retournent pas voir mon capitaine. La deuxième étant un prolongement simple de mon action : la mine wtf qui s'afficha quelques secondes sur les visages des sept OURS encore en lice me permit d'aller rapidement récupérer les sortes d'étrange tire rouge-à-lèvres sur le bonhomme qu'avait tué Joe et celui que j'avais assommé. Quand ils reposèrent le regard sur moi, je venais déjà de tirer quelques balles sur les autruches des deux mecs que Joe avait réussi à mettre hors combat avec son jeu de cartes. Au moins, s'ils revenaient, les types n'auraient plus de montures. Puis finalement, je revenais pointer mes deux armes que je ne maîtrisais pas vraiment vers les sept autres.

"Bon les gars. Maintenant, c'est vous et moi. Voyons ce que je sais faire avec des rouges-à... Hey? Mais c'est quoi ces harmonicas? OH PUTAIN. Ce ne serait pas l'odeur d'une bière ça? DONNE M'EN ! JE ME REND SI IL FAUT !"


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"Vous avez à boire sinon?"

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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Dim 29 Jan - 10:41

Gronchubidard se savait être un livre ouvert pour tout le monde. Heureusement, il savait aussi que ce n'était le cas qu'au sens propre. Et quoique cette violation constante de sa vie privée de la part du lecteur ne le mette passablement mal à l'aise dans certaines situations (par exemple en prenant une douche ou lorsqu'il lui arrivait d'être frappé de tourista), il préférait de loin être exposé à l'indiscrétion de personnes réelles qu'il ne croiserait du reste jamais plutôt que de l'être au voyeurisme de ses contemporains fictifs. Et si Gronchubidard était un livre ouvert au sens propre, au figuré, sa qualité d'acteur en faisait un métaphorique livre fermé comme une huître. Notre bonhomme avait à raison une pleine confiance dans ses capacités à entourlouper les autres. Et ce sentiment n'était pas tant le résultat d'une haute estime de sa qualité d'acteur que d'une très faible estime de l'intelligence des personnes qu'il croisait. Si on le lui avait demandé, la réussite de son parcours n'était un constat valable qu'en comparaison de l'échec du parcours de tous les autres. Gronchubidard ne connaissait pas l'adage "au royaume des aveugle, les borgnes sont rois" mais s'en était forgé un de vaguement similaire en plus fleurit et moins pompeux qui donnait : "J'AI BEAU PAS SAVOIR CALCULER LA RACINE CARRÉE DE 473, J'PEUX DIRE QU'Y SONT QUAND MÊME TOUS VACH'MENT CONS DANS CE MONDE-CI !". C'est d'ailleurs fort de cette certitude que notre bonhomme, en voyant l'air confiant de son adversaire brandissant un bête bouquin devant lui comme un artefact sacré pouvant lui assurer la victoire, se releva sans cesser de se masser l'entrejambe, écarquilla les yeux autant que le poids de ses bourrelets frontaux le permettait, et retenta le coup du bluff grossier.


"WouhaAAh !! La fameuse bible vicieuse !! Moi qui pensait que c'était un mythe !! Lacha-il en s'armant d'une voix de crécelle admirative. C'était bien évidemment totalement faux. Gronchubidard n'avait jamais entendu parler de ce genre de technique, et la seule perspective d'admiration qu'elle lui procurait tenait à l'audace d'un tel titre. Comment ça marche ?"


Il le savait : les méchants (ça pouvait ne pas être évident pour tout le monde et pourtant OUI, le cardinal était un méchant, puisqu'adversaire du héros, gentil lui, plus par tradition que par réelle conviction) prêchent toujours par excès de confiance, et ce parce que leurs adversaires font toujours office de challengers. Et ce trop plein d'assurance les conduisait immanquablement à décrire, dès que l'occasion se présentait (même aussi grossières que celle-ci), les techniques secrètes ou les plans à l'aide desquelles ils pensaient pouvoir battre les héros. Et ils le faisaient avec patience, pédagogie (et s'ils en ont sous la main : schémas, mode d'emplois et code d'autodestruction du robot géant atomique s'apprêtant à dévaster une ville). C'est une constante des méchants. Mais les méchants sont des gens bizarres. Tenez, pour commencer, ils sont méchants. Et Amoddechénoux qui ne figurait sans doute pas parmi les plus méchants de la profession faisait en revanche partit des plus mégalomanes. Il était de cette catégorie de personne se croyant intouchable de par sa relation privilégié avec un grand type barbu porté sur l'aspect "foudroyer les infidèles" du métier. Amoddechénoux avait entendu parler d'histoire de dispute entre Prêtre et Athée s'étant conclu par un éclair sortit du ciel pour frapper le second. En vérité, il est bien plus probable que l'éclair ait eu la forme, la consistance et surtout la teneur voltaïque d'un poing physiquement rattaché par un poignet au reste du Prêtre. Mais les éclairs font meilleurs pub.


"CECIÈMONSANHANHANHAN !!! Fit-donc le Cardinal en écartant les bras pompeusement en baissant sa garde, comme pour intimer son supposé contrôle de la situation aux badauds curieux que les éclats de voix avaient alertés. Je vois bien à ton regard que ton émerveillement est sincère !" Continua-t-il en faisant un peu plus péter le cadran du sonomètre à chaque syllable.
"C'mon pied dans tes couilles qui va être sincère." grommela Gronchubidard.
"Et comment pourrait-il en être autrement ?! Reprit-le Cardinal en pointant notre héros d'un doigt se voulant accablant. La Bible Vicieuse est toute puissante ! Tu dis vouloir en connaitre les rudiments, mais cette noble arcane requièrt des années d'entrainement, de prières et de concessions !!" Là dessus, le Cardinal prit un air sévère puis s'approcha de Gronchu et lui souffla à l'oreille "Ça, c'est pour le public. Ça fait meilleurs effet. En réalité, dieu guide mon doigt sur l'une des pages du bouquin. Chaque page est titrée d'une précepte. Il y a l' "Ordination sableuse dans les yeux", le "Oh-mais-c'est-pas-le-pape-derrière-toi-?" la "Sainte fuite" et infiniment d'autre. J'en découvre tous les jours."
"Non, vraiment ? Ça a l'air drôle. Je peux essayer ?" Lâcha un Gronchu feintant toujours l'exaltation mais néanmoins bluffé qu'Amoddechénoux ait pu un jour survivre à la moindre bagarre en combattant de la sorte.
"Bien sur. Mais discretos. Et après, faudra penser à régler votre cotisation mon vieux. Sinon j'vous démonte la tronche devant tout l'monde et puis hop, la damnation." Répondit tout sourire le Cardinal en lui tendant le livre.
"Alors, Fit Gronchu en s'en emparant. Là dessus, il ferma les yeux, ouvrit le livre au hasard dans le creux de sa main, posa le doigt sur la page, rouvrit les yeux, et lu ... Humm, bon."
"Ah ! Quel hasard, lança l'autre en lisant par dessus son épaule. Vous êtes aussi tombé sur le Holy GrOIN SHOT !!!!"

Gronchu avait finit la phrase du cardinal tout en lui assénant une version "botte renforcée" du coup dans l'entrejambe qu'il avait encaissé une petite minute auparavant. Le pauvre Amoddechénoux, prit par surprise, reçu le coup de plein fouet puis s'affaissa. La dessus, Gronchu, qui avait abandonné ses airs d'adolescent amouraché au profit de son expression habituelle et naturellement grincheuse, eut le plus grand mal du monde un retenir à sourire en coin cherchant à s'étaler sur son visage, même au prix d'horribles crampes.


"Bon si j'pige bien, sans ce machin , lança il au Cardinal recroquevillé à ses pieds et en désignant d'un coup d'oeil le bouquin qu'il tenait toujours dans la main, tu peut pas combattre quoi." Là dessus, il lança le bouquin en l'air et, dans la continuité du geste, s'empara de son bougeoir à deux main et tourna une petite molette enchâssée dans le bois de l'objet. La flammèche vacillante de la bougie contenue dans son dôme s'amplifia et s'échappa de l'arête principale de la boule d'or sous la forme d'un trait de flamme, comme un torrent en crû rompant son barrage.
Le bouquin, fauché en plein vol par cette fournaise se calcina presque instantanément. Son forfait réalisé, Gronchubidard n'eut finalement plus la force de retenir le sourire qui lui tenaillait les traits du visage depuis une dizaine de seconde.

"A ton avis, j'ai droit à combien de Damnation Éternelle pour ça ?"
"Plein ..." souffla le Cardinal qui peinait à reprendre son souffle. Là dessus, il se releva tant bien que mal et reprit de son ton habituel quoique sur un timbre légèrement plus aigu ; "JEVOUSALUMARIHIHIHIHI !! C'était bien joué, vil félon incestueux à la langue-mais-pas-que bien pendue !! Cela dit ... le Cardinal, un sourire à nouveau étalé sur le visage comme du beurre sur une tartine trop petite, fit une pause, plongea sa main dans l'un des revers de sa robe et en sortit un autre bouquin qu'il brandit au dessus de lui. LA BIBLE VICIEUSE EST EN DEUX TOMES !!"


"Et merde, j'aurai dû m'en douter." Lâcha Gronchu' en s'écrasant la tête contre la paume de sa main en signe de dépit.

"Et maintenant, Subis le couroux de dieu !! SEIGNEUR, CET HERETIQUE A DETRUIT L'UNE DE TES RELIQUES, FOUDROIES LE SUR LE CHAMP ... enfin, loin de moi l'idée de vous donner des ordres seigneur."
"..."
"..."
"Et maintenant ?"
"Le ciel va se scinder en deux, un éclair va en jaillir et te frapper."
"Faut attendre longtemps ?"
"J'en sais trop rien. Théoriquement c'est instantané mais si on est 15 à lui demander de punir des infidèles en même temps, j'imagine qu'il faut attendre son tour."

Au lieu d'éclaire, ce fut un squelette flanqué de soutien-gorge en guise de serre-tête qui frappa Gronchubidard en pleine tronche. Mais pour notre bonhomme, qui souhaitait justement plus que tout mettre une bonne distance entre lui et le capitaine pirate, cela eut plus ou moins le même effet que la punition invoquée par le Cardinal. A choisir, il aurait même sans doute préféré l'éclair. Le seigneur pouvait s'avérer bien plus dangereux muni d'un ordinateur, d'une connexion internet et d'un traitement de texte.

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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Sam 4 Fév - 14:21

Le courroux de Dieu est un peu l'ultime argument des curés, moines trappistes, derviches tourneurs, nonnes, prêtres, témoins de Jéhovah, adeptes du tuning et autres religieux de tout poil. Il n'est donc pas surprenant qu'il ait été invoqué maintes et maintes fois au cours de l'Histoire, souvent d'ailleurs par des personnes qui méritaient beaucoup plus de le prendre sur le coin de la gueule que les pauvres gens qu'il était censé abattre. En l'occurrence, il aurait été difficile de déterminer qui, de Gronchubidard Mortiburn ou le Cardinal Amoddechénoux, était le plus susceptible de s'en manger plein la mouille de la part d'un Dieu excédé de les voir faire chuter en flèche le taux moyen de gentillesse de l'humanité, tout en y rehaussant le taux moyen de graisse dans le corps. Car les deux hommes collaient parfaitement à l'appellation de "gros enfoirés" - au sens propre -, autant que les mâchoires d'un dentier collent l'une à l'autre lorsqu'un gamin facétieux a mis de la glu dans le verre à dents. Aussi le courroux de Dieu, ici sous la forme d'un capitaine pirate squelette, ne savait pas tellement sur lequel de ces deux pontifes - l'un expert en sermons sentencieux et l'autre en côtes de porc graisseuses - il convenait de s'abattre depuis le sommet de la voûte céleste, ou peu s'en fallait. Mais le Seigneur n'est pas sujet à l'indécision. C'est pourquoi, dans son infinie sagesse, il envoya l'instrument de sa fureur s'écraser sur LES DEUX hommes. Amoddechénoux écopa d'un coup de bottes, Gronchubidard d'un coup de boule, et Joe d'un coup de bol, puisque la masse adipeuse de sa piste d'atterrissage lui évita de se briser les os. Il se releva donc prestement et prit soin d'épousseter son manteau et son chapeau centenaires, pendant que le Cardinal et le cuisinomancien essayaient à la fois de se remettre sur pied, de masser leurs bedaines endolories et de comprendre ce que ce tas d'os volant venait foutre ici. Alors que le squelette s'apprêtait à s'esquiver par le truchement d'un "Vous m'excuserez, mais j'ai à faire ailleurs" , la main ferme d'Amoddechénoux s'abattit sur son épaule. La droite. Celle que Troy avait endommagée avec son attentat au cokctail Molotov. Avant que Joe n'ait pu traiter le bonhomme de connard / enfoiré / chiure de mouette / cureton à la con / vieux bigorneau mal embouché, l'agresseur lui fit une magistrale démonstration de ses talents en vocifération :

- C'EST PAS TOI QUE J'AI DEMANDÉ, VIL SUPPÔT DE SATAN ! RETOURNE DONC FRICOTER AVEC LES FLAMMES DÉVORANTES DE L'ENFER !
- BAH SI CA PEUT FAIRE SÉCHER TES POSTILLONS SUR MA GUEULE, J'T'AVOUERAI QUE CE SERAIT PAS DE REFUS !
- Oh putain, même ces enfoirés de gamins nihilistes au village ils me parlent pas aussi mal que ça ! ET POURTANT C'EST DES SACRÉS P'TITS CONNARDS !
- KHRRREHEHEHEHEHEHE attends rassure-moi, nihiliste y a aucun rapport avec les fruits et légumes ?
- Non non, ça veut dire qu'ils ne croient en rien et qu'ils nient l'existence de tout sens de la vie.
- Ah ouais ouais, j'le savais ça. Nihiliste, le sens de la vie et tout... Ouais, rien à voir avec les fruits et légumes, faudrait être sacrément con pour croire ça, pas vrai ?
- Ah ça oui, NOTREPERQUIÊTZAUCIEUHEUHEUHEUHEUHEUHEU ! Mais n'essaie pas de m'amadouer, vil lieutenant du Malin ! Mon rôle en tant que Cardinal de la Confédération des Prêcheurs et dépositaire de la Bible Vicieuse est d'éradiquer tous ceux de ton espèce !
- C'est quoi ça la Bible Vicieuse ? Ça a l'air marrant !
- Ah nan ce coup-là on me le fait une fois, pas deux ! Attends je cherche ma page... LIVRE DE SAINT JEAN L’ESTHÉTICIEN, VERSET QUATRE, NIPPLE CRUCIFIX !!


Avec une célérité que l'on n'aurait jamais pu soupçonner au vu de son apparence (au demeurant plutôt placide et débonnaire), le Cardinal coinça la Bible Vicieuse dans sa ceinture pour avoir les deux mains libres, se projeta vers l'avant avec le pouce et l'index en forme de pinces, et les fit fuser en direction du thorax de Joe... Ce dernier n'avait pas eu le temps de réagir que les doigts d'Amoddechénoux avaient déjà atteint son torse en perçant deux trous dans son manteau usé, pour se faufiler entre ses côtes. A la mine horrifiée que fit soudainement l'homme d’Église, il ne faisait aucun doute que ce n'était clairement pas l'effet escompté. Avec beaucoup de prévenance, Joe écarta les pans de son manteau pour révéler qu'il n'avait même pas la peau sur les os (comme quoi certains devraient arrêter de se plaindre, parce qu'ils l'ont au moins, eux, la peau). Puis il envoya sa botte dans les parties intimes du pauvre homme, qui se retrouva ainsi sur les genoux à se tenir le bas-ventre pour la deuxième fois en très peu de temps. Profitant du répit qu'il venait de s'accorder, le pirate alluma un nouveau cigare et laissa la fumée s'échapper au travers de sa cage thoracique ouverte, avant de s'accroupir pour se mettre à niveau du Cardinal, lui posant la main sur la tête tel un grand-père qui explique les choses de la vie à un gamin.

- Alors, qu'est-ce qui n'a pas marché mon grand ?
- Le... Le Nipple Crucifix... Normalement il consiste à... tordre cruellement les tétons de l'adversaire... C'est une arcane très puissante de la... de la Bible Vicieuse... Mais... mais...
- Mais ?
- Mais... Seigneur Dieu...
- Allez dis-le, ça va te libérer !
- Mais... TU N'AS PAS DE TÉTONS !
- KHRRREHEHEHEHEHEHEHEHEHE ! TOUT JUSTE AUGUSTE !
- En fait moi c'est José-Pascal...
- Ta gueule.


Sur cet échange des plus fructueux, Joe se releva dans un bruit de craquement, sans résister au plaisir de tirer l'oreille du Cardinal José-Pascal Amoddechénoux au passage. Si la Confédération des Prêcheurs avait encore disposé de quelques représentants encore conscients sur place - rappelons au passage qu'ils avaient tous soit pris la fuite, soit fait connaissance avec le Bougeoir de Gronchubidard -, elle n'aurait pas manqué de nier tout rapport avec cet individu ridicule qui se faisait mettre à mal pour une histoire de tétons. Le capitaine squelette fut tenté de réveiller les clercs pour leur montrer à quel point leur chef était un gros abruti, mais ce n'était à la réflexion vraiment pas sympathique de traiter ainsi un homme qui avait eu pour seul tort d'avoir une confiance excessive en la Main de Dieu et la Bible Vicieuse. Il se contenta donc de lui tirailler encore un peu l'oreille, avant de se souvenir que Troy affrontait toujours les OURS quelques dizaines de mètres plus loin. Il se retourna et regarda dans sa direction... ou plutôt, voulut regarder. Quelque chose obstruait son champ de vision. C'était imposant, à dominante rouge, ça portait une mitre et une barbe, et ça n'avait pas l'air bien content. Le regard de Joe s'attarda quelques instants sur l'inscription "JE SUIS FICTIF ET FIER DE L'ÊTRE" qui figurait sur ses vêtements, puis sur le Bougeoir qui semblait étrangement agressif, puis sur une veine de son front, puis sur une mouche qui se baladait sur son nez, puis sur le Bougeoir à nouveau, puis sur ses sourcils froncés. Il pointa son doigt vers le visage de Gronchubidard et lui dit :

- T'as une mouche, là.

Une pichenette légèrement mal calibrée plus tard, et la mouche était partie. Par contre, la veine sur le front et les sourcils ombrageux étaient toujours là. Quant au Bougeoir, il semblait encore plus agressif que quelques secondes plus tôt.


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~~ La vie ? La vie j'l'emmerde. La mort c'est beaucoup mieux. ~~
[Un éclair d'éloquence de Joe SmökE]
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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Dim 5 Fév - 15:47

Dans la vie, il existe toujours un moment où on doit faire un choix. Et, par manque de bol, ce moment a tendance à arriver régulièrement, ce qui implique le fait qu'un être est toujours confronté à des choix plus ou moins importants. Ainsi, ils peuvent être insignifiants, comme le fait d'adopter la vie de pirate recherché ou de rester un type bien. Ils peuvent avoir une conséquence relativement anecdotique mais qui peut peser dans certains cas, lorsqu'il faut déterminer qui de la sœur ou de la fille doit être préférée, par exemple. Il y a ensuite les choix relativement importants qui peuvent avoir une certaine répercussion sur la suite des évènements : faut-il opter pour une crinière sale et épaisse ou pour de beaux cheveux bien lavés? Enfin, il y a ceux qui peuvent avoir une incidence sur le reste de votre vie, comme le fait de préférer la bière au rhum au petit déjeuner. Dans le cas actuel, disons simplement que plusieurs choix furent proposés à mes compagnons de fortune et à moi-même dans un assez court laps de temps. Le plus récent étant évidemment celui qui allait être suggéré à mon capitaine squelette en voyant l'armada de sept OURS dansant en chœur (même si l'un d'entre eux ne semblait pas tout à fait coordonné aux autres) qui se rapprochait dangereusement de lui. Est-ce qu'il préfèrera fuir définitivement la bataille ou reprendre là où son compagnon de voyage (à savoir moi) avait visiblement échoué? Quel que soit sa décision, il fallait se décider vite car que les OURS reprenaient leur refrain.

"Donnez-moi uuuun... O ! Ou plutôt redonnez-le moi, hihi ♥"
_________________________________

Pour comprendre la situation, il est préférable d'expliquer ce qui s'est passé un peu plus tôt de mon côté. Pour ceux qui ne se souvenaient pas (à 129 ans, on a le droit d'avoir Alzheimer), on rappelle que je me trouvais face aux 7 OURS encore en lice (si on excepte les deux dans le pâté qui ne se réveillaient toujours pas sous leurs autruches décédées), armé de lance rouge-à-lèvre, bien décidé à m'occuper seul de mes ennemis pour soulager mon capitaine. Autant vous dire que la motivation a disparu bien vite lorsqu'un de ces connards a sorti un harmonica d'un fond d'poche, bientôt suivi par le reste de ses compagnons. Et là, c'était le drame. Si les voir se dandiner dans leur tenue moulante était déjà bien difficile à supporter, l'odeur de bière qui sortit de leurs instruments (je parle évidemment des harmonicas) eut finalement raison de ma volonté. Ne comprenant pas vraiment le principe de leur musique, j'étais bel et bien persuadé que les bonhommes savaient où j'pouvais trouver des bières et selon ce que je pouvais sentir, elles étaient plutôt proches. On rappelle tout de même qu'une bonne partie de mon alcool avait disparu dans l'incendie du bateau et que ma dernière bouteille avait permis à mon capitaine de se tirer des grif... des soutiens-gorge de ces individus. Du coup, ouais, j'étais en manque. Et prêt à me rendre.

Fort heureusement, je pouvais compter sur la confiance des Ostrich Ultimate Riders Squad en leur propre talent car au moment où je déposai les armes, ils se regardèrent en riant haut et fort avec des petits cœurs, tout en continuant de se dandiner sur une musique inexistante. Du coup, à force de pouffer, ils s'arrêtèrent de jouer de leurs harmonicas. Et là, j'vous vois venir à penser que j'allais en profiter pour me jeter sur chacun d'entre eux pour les achever et tout et tout, mais non. Certes, je me jetai sur l'un d'entre eux (celui qui portait le mot "Salopette" pour être précis), prenant place à ses côtés sur le dos de son autruche et l'attrapait par le col de sa... de son... gilet? Je ne sais pas trop si on pouvait appeler ça un gilet, mais vous m'aurez compris. Je le secouais comme s'il était mon capitaine (parce que oui, on aimait bien secouer notre capitaine) avant de lui crier dessus. Car oui, messieurs-dames, si la plupart des personnes censées auraient repris conscience et en auraient profité pour comprendre que les odeurs sortant des harmonicas étaient des leurres, je n'étais pas concerné. Pour la simple et bonne raison que je ne suis pas une personne censée. Du coup, j'étais bel et bien persuadé que ces enfoirés d'OURS mal habillés avaient sifflé les bières sans même m'en filer une.

"JE ME RENDS, GROS CON, MAIS FILE MOI UNE BIERE, MERDE ! SINON JE T'ECLATE LA GUEULE, BORDEL DE GAY !"
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"Donnez-moi uuuun... U ! On a quand même vachement géré avec ce générique d'entrée hein? ♥"

Alors que le Cardinal Amoddechénoux se remettait plus ou moins de l'affront que lui avais adressé Joe SmökE en ruinant l'une de ses attaques par une simple absence de tétons, il relevait la tête en direction des sept bonhommes avançant en V vers eux. Son visage s'émerveilla relativement car il connaissait la réputation des OURS : ils n'avaient jamais déçu leur patron et ils seraient sans aucun doute de parfaits alliés face à un gros lard et à un suppôt de Satan. Aussi, il se relevait calmement avant de tendre les bras vers ses alliés, ignorant royalement le capitaine Joe et Gronchubidard Mortiburn entre lesquels l'ambiance semblait plus ou moins électrique. Cela dit, ces derniers, à force de trainer, seraient bientôt et irrémédiablement en position plutôt précaire si les OURS venaient effectivement prêter main forte à Jean-Pascal Amoddechénoux. Car en effet, les monteurs d'autruches ne se tenaient plus qu'à quelques petits mètres d'eux et se séparaient afin de créer un cercle autour des trois bonhommes qui se tenaient là.

"Donnez-moi uuuun... R ! Salopette, tu nous fais l'dernier? ♥"

_________________________________

C'est à ce moment-là que pour moi, la situation a commencé à dégénérer. Et pas qu'un peu. En effet, alors que Salopette tentait de m'expliquer tant bien que mal qu'il n'avait pas de bière mais que ça ne m'empêchait pas de me rendre, j'emmagasinai de la colère. Et les six autres OURS voyaient parfaitement où ça me menait. Seulement, ils ne voulaient pas vraiment se mêler de ma bataille avec leur compagnon vu qu'ils avaient peur de toucher leur confrère et surtout l'autruche qui allait avec. Déjà qu’ils en avaient perdu pas mal dans la bataille, celle-ci commençait à fatiguer à force de porter deux bonhommes et un OURS sans autruche, bah c'est nettement moins classe. Aussi, ils préférèrent tenter d'atténuer ma colère par de belles paroles. Mais c'était peine perdue : au bout de quelques minutes passées sur le dos de l'autruche à secouer Salopette dans tous les sens, l'inévitable finit par arriver : l'autruche chuta et nous avec. Je roulai alors en boule au sol, tenant toujours le bonhomme par le col du gilet. Je me retrouvai finalement à califourchon au-dessus de lui (ce qui semblait exciter plus d'une personne dans la petite assemblée qui nous regardait). Et c'est une position que je connaissais plutôt bien vu que dans une bataille de bar, on finissait rapidement dans l'une ou l'autre des situations. Coup de bol, j'étais dans la plus favorable. C'est ainsi que mes réflexes d'alcoolique revinrent à vitesse grand V et m'amenèrent à lui attraper la tête et à commencer à la lui frapper contre le sol. Et rapidement, le sang gicla de l'arrière de son crâne et l'OURS tomba évanoui. Généralement, on arrivait à cette conclusion lorsque celui qui était censé payer la tournée se débinait au moment de débourser. C'était loin d'être mortel, mais ça avait le mérite de bien faire comprendre qu'il ne fallait pas mentir à des alcooliques lorsqu'il s'agissait de lui offrir un verre, vu que ça suffisait à mettre quelqu'un dans les vapes pendant un sacré bout de temps.

Enfin bref, voir leur partenaire se faire démolir la face à même le sol provoqua un déclic simple chez les six OURS encore debout sur leurs autruches : celui de leur lance rouge-à-lèvres pointés sur ma petite poire. Et là, j'me suis senti con. Je lâchai calmement la tête de Salopette et me relevais calmement. Je m'époussetai les habits et regardait autour de moi. Les deux derniers OURS ne s'étaient toujours pas extirpés du cadavre de leur monture tandis que l'autruche qui accompagnait Salopette semblait se remettre d'aplomb. Les 6 autres me toisaient d'un œil méchant derrière leurs lunettes en forme de nœud papillon (ce qui rendait le regard vachement plus ridicule qu'autre chose en fait). Je poussais un long soupir, mêlant agacement et résignation. Là, j'dois vous l'avouer, je voyais mal comment je pouvais m'en sortir. C'est donc en toute logique à ce moment précis que Menstruations me jeta son Ultimatum à la tronche.

"Autruhuhuhuch ! Tu es fait, petit pirate ♥ Il est temps d'abandonneeeeer, hihi ! Comme tu le vois, beau petit brigand, tu es mal parti hihi ! Je te laisse le choix petit chéri : comme on a bien vu que tu aimais bien te mettre au-dessus des hommes comme nous, on a décidé de peut-être te laisser la vie sauve, alors tu peux choisir de te rendre !"
"Hein? Ah mais non, mais j'suis pas du tout g..."
"On t'emmènera en priiiiison où on te rendra souvent visite si tu veux, hihi ♥ Mais si tu veux pas te rendre, et on serait triiiste, alors on va être obligé de mettre un terme à ta vie de gentil pirate gay, même si tu fais partie de certains de nos fantasmes, hihi !"
"Je vous dis que me mettre dans cette position ce n’était pas fait expr..."
"Alors, c'est l'un ou l'autre ! Que choisis-tu, petit chéri?"


Je poussais un soupire désabusé avant de jeter un coup d'œil en direction de Salopette. Il était bel et bien complètement KO et effectivement, j'aurais du mal à me faire pardonner toutes les pertes que j'avais pu leur faire subir. Cela dit, sa tenue encore en bon état amena à mon esprit une très mauvaise idée qui me semblait absolument excellente sur le moment. Je jetai un œil vers Joe et le gros prêtre avant de fermer les yeux et inspirer un bon coup. Les OURS avaient beau être balèzes, ils semblaient plutôt naïfs. Alors tant qu'à tenter le coup, autant pas le faire à moitié. Au moins, si ça marchait, je ne serais ni mort ni en taule.

"Sinon, j'ai bien une troisième option à vous proposer..."

_________________________________

"Donnez-moi uuuun... S ! Kyaaaaaa, il le fait trop bien ! ♥"

Alors que j'arrêtais l'autruche tant bien que mal tout près de Joe et de Gronchubidard, je baillais un coup avant de rajuster mes lunettes en forme de nœud papillon et mon chapeau de cow-boy. Au final, la tenue d'OURS m'allait plutôt bien, même si la coquille-slip en or massif était quand même vachement casse-couilles à porter. Contrôler une autruche, c'est vachement galère n'empêche alors danser avec, fallait pas encore compter sur moi. En tout cas, il y avait une chose qu'on ne pouvait plus nier alors que je plongeais mon regard dans celui de Joe (même s'il paraissait un peu vide). Je venais de faire un choix aujourd'hui. Et alors que mes nouveaux compagnons finissaient d'encercler les trois individus et que parmi ces derniers, le cardinal Amoddechénoux riait aux éclats de sa nouvelle position de force, je m'apprêtai à prendre la parole en faisant tournoyer non sans mal un soutif-lasso au-dessus de mon crâne.

"YAY C'EST RE-NOUS ! LES OSTRICH ULTIMATE RIDERS SQUAD SONT DE RETOUR DANS LA PARTIE ! ALORS TENEZ VOUS BIEN, SINON ON VA VOUS FOUETTER ♥"
"Owiiii ♥"



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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Lun 13 Fév - 14:17

"T'as une mouche, là."



"Grmmmbl ..."



On en le dira jamais assez mais les mouches sont des créatures aux pouvoirs suggestifs à vous en faire palir un banc de sirènes. Une seule de ces sales bestioles suffit généralement à vous faire entrer en rage de berserker le plus placide des moines tibétains, simplement en lui volant autours. Et si d'aventure ladite mouche venait à se poser sur le pif du bonhomme, il arrivait que celui-ci se mette à frapper instamment sur un pan de mur pour calmer ses envies d'homocides refoulées (ce que les touristes prendront bien sur de travers en croyant assister à un entrainement de kung fu). Oui, les mouches sont des bestioles irritantes. Et pour couronner le tout, elles font preuve d'une insistance incompréhensible lorsqu'elles ont trouvé une personne à enquiquiner ; Surtout lorsque la victime se met à agiter frénétiquement les bras (ce qui est très régulièrement le cas). A ben des égards, Joe Smöke était une mouche. D'abord, il en avait le degré d'élégance. Ensuite, il pouvait se montrer plus irritant qu'un slip en laine porté par grande chaleur sur une paire de couilles eczémateuses. Enfin et surtout, sa nature particulière en faisait quelqu'un dont on ne se débardasse pas si facilement. Si l'apocalypse venait un jour à frapper la terre, il n'y aurait plus que lui pour contester ce qui resteraient du monde de One piece au règne des cafards. Et il serait foutu de l'emporter ! Et si les mouches (métaphoriques ou non) étaient irritantes, Gronchubidard Mortiburn, lui, était facilement irritable.


Le bonhomme loucha alors sur la petite tache noirâtre incrustée sur son pif et avec la désagréable impression que celle-ci lui rendait une version mosaïquée de son regard haineux. Un regard qui disait : « Dégage de mon nez » réciproquement. Heureusement pour Gronchubidard, les concepts de propriété privée et surtout de taille lui donnèrent raison et permirent au concept de pouce opposable de balayer la mouche vers d’autres champs de poils cireux. Débarrassé de cet adversaire qui, se dit-il, ne lui rapporterait sans doute pas un level up, le bonhomme se tourna vers le second nuisible avec la ferme intention de lui administrer une pichenette du même ordre (entendez par là : toute proportion gardée). Un détail le frappa ; N'importe comment, le squelette le regardait. Il savait en principe impossible qu'une paire d'orbites vides puissent voir et, à fortiori, regarder. Tout comme il savait que l'articulation de mots nécessitait traditionnellement une paire de cordes vocales et une langue ; Deux organes ne figurant pas dans le maigre (disons squelettique) rapport de légiste de Joe Smöke. Et si cette carence ne suffisait pas à accabler le capitaine pirate d'aphonie, elle assurait du même coup une lourde ponction "boules quies" dans le budget de Gronchubidard puisque celui-ci s'était bel et bien rendu à l'évidence : Il n'arriverait pas à échapper à ce branguignol. La malchance et le mauvais timming n'existaient pas dans un monde fictif. Si les deux bonhomme se retrouvaient à nouveau face à face, c'était par nécessité narrative. Celle-là même qui avait gardé notre bonhomme en vie jusque là, en s'asseyant par moment sur les concepts de probabilité et de physique pour y parvenir. Ce coup-ci, c'était sur son libre-arbitre que la causalité narrative s'était assise. Et du point de vue du bonhomme, elle l'avait fait cul-nue, et avec l'évidente intention de s'en servir comme d'une cuvette. Comme comme pour confirmer son a priori, l'histoire accoucha d'un nuage de poussière au sein duquel trottaient une demi-douzaine d'ombre aux contours très vaguement aviaires.

La causalité narrative se crispa, poussa un bon coup.

"Et merde ..."




Il ne faut pas confondre les gentils et les bons. Gentillesse et méchanceté sont des traits de caractères. Bonté et Malveillance sont des modes de vie. Les héros, par exemple, ont une très nette tendance à être bons. "Bonté" est en quelque sorte le nom d'emprunt d'"Héroïsme" une fois que le curé "Courage" a célébré son union avec "Aventure" jusqu'à ce que la mort (qui n'est pas invitée au mariage) les sépare. Si le Héros est traditionnellement bon, il n'a en revanche aucune obligation d'être gentil. Beaucoup d'entre eux sont désagréables, voir carrément invivables et s'ils défendent la veuve et l'orphelin, ils le font en bougonnant. On croise même de temps en temps certains antagonistes plutôt gentils mais faisant le mal par tradition familiale (pour ne pas décevoir le paternel, lui, par contre viscéralement méchant), parce que ça paye mieux ou encore à la suite d'un pari perdu ; Mais c'est plus rare. Cela dit, ce qui désigne généralement un type comme étant le méchant de la saga, c'est le concours de circonstance qui le pousse à se battre contre le héros alors qu'en d'autres occasions, ils auraient très bien pu s'entendre. Seulement parfois, les circonstances sont plus nébuleuses et rendent difficile la distinction entre bons et mauvais. Et même Gronchubidard Mortiburn, pourtant bien outillé pour dissocier les deux catégorie, avait un mal fou à savoir sur lequel d'entre ces trublions il pouvait ou devait taper puisque tout le monde était plus ou moins susceptible de se mettre à taper sur son voisin. Aucun d'entre eux ne semblait ni bon ni mauvais. Ils étaient tout simplement cons. D'ordinaire, l'héroïsme tient du piano à queue : Même recouvert d'une housse, on reconnait la forme en dessous. Seulement, la connerie à très haute dose floutait le résultat.


Gronchubidard était bel et bien prit au piège. En tentant de fuir le combat, il n'avait fait que le délocaliser, un peu comme un soleil qui essayerait d'échapper aux planètes gravitant autours. Les étoiles n'ont que deux solutions viables pour se débarrasser de leurs planètes : Se transformer en supernova ou attendre qu'elles se rentrent dedans entre elles. Notre bonhomme, que la perspective de grossir puis d'exploser n'enchantait pas des masses, préféra opter pour la seconde solution. Toujours au milieu de ce système solaire de circonstance que formaient les OURS, il s'assit en tailleurs, les bras croisés, dans la plus pure tradition dite du "boudeur" et lança, l'air plus ronchon que jamais.


"Bon, j'vous le dis tout net : Moi j'mettrais sur la gueule à personne tant qu'vous vous serez pas mit d'accord sur qui dérouille qui. La baston, quand on est plus de deux, FAUT FAIRE DES PUTAINS D'EQUIPES, BORDEL ! Là dessus, le bonhomme se releva subitement, l'air plus remonté que jamais. Bon, merde ! On va la faire courte. A mains levée, qui a envie de me taper dessus ?"


Là dessus, Amoddechénoux qui, malgré l'humiliation infligée par Joe Smöke, semblait ne pas avoir oublié ses griefs à l'égard de Gronchubidard, fut le premier à lever la main.
"Moi je ... BwaAAargl"
Le Cardinal, tenant son bouquin d'une main en levant l'autre au dessus de lui ne put éviter le violent coup de bougeoir que le Cuisinomancien lui avait asséné en traître dans le bide, sitôt sa garde baissée et entama une brève carrière de boule de bowling vers les quilles de circonstances que composaient les maisons en contrebas.


"Bon, déjà, lui, l'est pas dans mon équipe. Qui d'autre ?!"

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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Mer 22 Fév - 19:08

Il est une règle fondamentale de toute fiction qui se respecte, que Gronchubidard Mortiburn semblait avoir admirablement bien assimilée, et que Joe SmökE ne tarderait guère à intégrer à son tour vu la vitesse à laquelle toutes les merdes du monde semblaient se précipiter sur sa pauvre pomme squelettique. Cette fameuse règle qui stipule :
"Quelle que soit la situation moisie dans laquelle tu te trouves, jeune apprenti, elle deviendra de pire en pire au fur et à mesure que tu essaieras de t'en dépêtrer. Même tarif si t'essaies pas de t'en dépêtrer d'ailleurs. P'tit con va." Et en effet, la situation du capitaine le plus maigre du monde ne cessait de se dégrader de minute en minute - déjà que c'est pas marrant d'être maigre. Résumons un peu, voulez-vous. Tout d'abord, il y avait eu sa rencontre plus qu'électrique avec Clauster McBeasty. Puis, son kidnapping haut en couleurs par les OURS - ici, pas de regrets, c'est peut-être légèrement humiliant de se faire ligoter par un paquet de soutifs, mais l'ensemble était tellement folklorique que Joe n'aurait pas hésité une seconde à se prêter une nouvelle fois au jeu, et ce en dépit de sa parfaite hétérosexualité. Après, la partie de rami-souris ; un divertissement qui semblait fort intéressant, mais rendu particulièrement ardu par l'absence complète de cartes autres que le sept de pique dans toutes celles que charriaient les curieux rongeurs. Jusqu'ici, Joe n'avait pas encore trop eu à se plaindre. Cogner du moustachu, chevaucher des autruches et jouer aux cartes, c'était plus ou moins l'idée qu'il se faisait d'une excursion vacancière parfaitement réussie, pour peu que l'on y ajoute un barbecue sur une plage et des femmes au formes exquises qui vous triturent la... le... la... eh bien, la barbe, dans le cas de notre ami squelette. Mais essayez donc d'ajouter au tableau deux prêtres furibards dont un cuisinomancien par-dessus le marché. Puis la trahison (impardonnable) de son navigateur, doublée de son coming-out (IMPARDONNABLE). Puis le retour des OURS, cette fois-ci bien décidés à faire en sorte que Joe ne soit plus une erreur de la nature en supprimant son caractère ambulant de manière définitive. Tout de suite, les vacances perdent en charme. Et ce n'est pas encore fini.

Étant donné la nature des divers événements qui venaient de se réaliser, il n'est guère étonnant que Joe soit resté parfaitement immobile et la mâchoire décrochée - j'oserais même dire "l'oeil hagard" sans cette malheureuse absence d'yeux dans le corps décomposé de notre cher capitaine. Et un squelette qui reste immobile, comme chacun le sait, cela s'apparente plutôt bien à un cadavre complètement mort. Mais Joe était debout, me diriez-vous ; comment donc le confondre avec un macchabée 100% véritable ? Visiblement, vous ne savez pas à quel point les vautours de Luvneel sont cons.

Tellement cons qu'il leur arrive fréquemment de faire des razzias sur des corps complètement dépourvus de chair. En effet, observant que le nid natal est parsemé d'ossements, reliefs de leurs derniers repas, les jeunes oisillons se fixent l'objectif suivant : "Ramener des os au nid" Pendant la période qui correspond chez l'humain à l'adolescence, les vautours traquent donc impitoyablement les moindres squelettes qu'ils peuvent trouver sur l'île et ramènent crânes, tibias et côtes à la maison, tout fiers d'eux. C'est seulement au bout de quelques années, après s'être faits correctement tabassé par les anciens pour leur connerie crasse, que lesdits oiseaux finissent par comprendre qu'en définitive, ce qui se mange c'est surtout la viande.

Cette parenthèse ornithologique étant close, revenons donc au cas qui nous intéresse. Depuis son débarquement sur Luvneel, sans le savoir, Joe était suivi à la trace par une bande de trois vautours prépubères, répondant aux noms de Calvin, Klein et Kevin. Ces derniers, à grand renfort de claquements de bec, tenaient le dialogue suivant en observant la silhouette soudain immobile du squelette :


- Klein, trac clic clac banque cirque !
- Cloaque lac koulak mac ?
- Trac mec, plic ploc attaque caisse coq...
- Cosaque, casque rock Kevin cutter pack ric-rac ! Kipa calque !
- Truc ? Pique cric caustique ! Rattatac Jack Kerouac !
- Croque caca !
- Putain mec, comment t'es trop immature quoi !
- Ouais bah vas-y ta gueule...


Sur ces mots, les trois vautours s'envolèrent dans un concert de plumes bruissantes. Pour ceux d'entre vous qui ne maîtriseraient pas leur idiome claquant, la conversation portait en réalité sur l'ami squelette et cette grande question : devaient-il le ramener au nid ? Après quelques arguments échangés, celui qui trancha étant "Il bouge plus, donc il est mort", les volatiles se précipitèrent sur Joe juste au moment où le premier OURS s'apprêtait à lui décoller la tête d'un coup de santiag, et avec une coordination admirable le saisirent par les bras et la barbe avant de repartir comme ils étaient venus, le capitaine SmökE en prime. Laissant loin au-dessous d'eux les OURS, Troy Francis, Gronchubidard Mortiburn, José-Pascal Amoddechénoux et consorts, les trois oiseaux revenaient au nid, munis de leur colis mort-vivant. Qui en ce moment même, était à la vérité plus vivant que mort.

- PUTAIN MAIS C'EST QUOI CE BORDEL ENCORE ? VOUS ÊTES QUI VOUS ? DE MÈCHE AVEC CE CONNARD DE NAIN ? OU AVEC LES COW-BOYS GAYS ? OU AVEC LA MAFIA ? AU FAIT Y A UNE MAFIA SUR CETTE SALOPERIE D'ÎLE A LA CON ?
- Glauque cataracte !
- La cataracte ? Bah ça risque pas, J'AI PAS D'YEUX ! KHRRREHEHEHEHEHEHEHEHEHEHEHE !


Et c'est ainsi que cette charmante équipée partit joyeusement rejoindre le Squat à coloc', nom donné par les vautours de Luvneel à leur home sweet home...

_________________
~~ La vie ? La vie j'l'emmerde. La mort c'est beaucoup mieux. ~~
[Un éclair d'éloquence de Joe SmökE]
♠ ♠ ♠ ♠ ♠ ♠ ♠
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MessageSujet: Re: Des OURS et des hommes...   Mer 29 Fév - 16:35

Le pire, dans le statut de membre d'équipage du capitaine Joe SmökE, ce n'est pas tant le fait d'être ridicule : à force d'être confronté au pire, on finit par oublier ce que c'est. Ainsi, voir le squelette emprisonné par des soutifs, utilisé comme projectile ou dernièrement, emmené par quelques charognards idiots, ça ne me choquait point. Ce n'était pas non plus le fait d'être continuellement dans la merde suite à un mot mal placé du mort-vivant ou à l'apparition (souvent surprenante) d'un sept de pique. Enfin, ce n'était pas le fait d'être un con : faut avouer les choses comme elles sont, quelle que soit la façon de tourner la chose, j'arrivais à la conclusion que chacun des membres des BAM's devait posséder au moins une case en moins dans l'cerveau (le titre de capitaine étant bien évidemment réservé à celui qui en avait le moins, et là, ni Lion ni moi ne pouvions vraiment tenir la comparaison). D'ailleurs, l'accoutrement que j'avais revêtu pour l'occasion pouvait difficilement prouver le contraire, à moins que je me trompe quand je dis que se travestir en cowboy monteur d'autruche démontre la présence d'un esprit dérangé. Non, vraiment, ce qui était agaçant dans le fait d'être un simple membre d'équipage, c'est quand le capitaine (pourtant fervent partisan des actions qui envoient le pâté) empêche son compagnon d'aller au bout des choses. Et casser un effet, ça il savait le faire le bonhomme. Il avait beau être un cadavre jetable, il n'en demeurait pas pour le moins un sacré connard.

En effet, au moment précis où j'allais mettre mon plan à exécution (à savoir le moment où le gros prêtre "faisait les équipes" et envoyait le Cardinal dans l'mur) pour démontrer à mon capitaine que j'étais toujours de son côté, voilà que cet abruti décidait de recruter trois nouveaux membres d'équipage en la personne des trois vautours qui venaient de l'emmener... loin. Car oui, quiconque soulève Joe SmökE pour le balancer plus loin peut être considéré comme un actuel ou futur membre des BAM's. Aussi, je ne pus pas planter le canon de mon fusil dans le corps du squelette afin de m'en servir comme diversion pour me débarrasser tranquille des OURS. Oui bon, c'était effectivement un plan pourri, mais dans la situation dans laquelle nous étions, je pouvais difficilement penser à autre chose que d'la merde. D'autant que je n'avais qu'une hâte : retrouver mes habits habituels. Et pour ça, je devais arrêter d'être un OURS, trahison que les autres ne pardonneraient probablement pas. Cela dit, ces quelques minutes de répit m'avaient permis de me mettre dans une position plus favorable. D'une, je n'étais plus seul : on avait (certes contre sa volonté) impliqué le gros prêtre dans la bataille et il était clair que si celui-ci voulait se sortir tranquille de la merde dans laquelle on l'avait injecté, il allait devoir m'aider. De deux, à ma grande surprise, les 6 cons d'OURS restants semblaient déjà me faire confiance en tant qu'un des leurs. Rien de meilleur pour en éliminer calmement quelques-uns d'entre eux avant que les derniers ne ripostent.

Seulement voilà : comme tout bon BAM's en situation favorable, fallait bien j'fasse péter la connerie. Aussi, je décidais d'éliminer mon autruche avant de me jeter sur le reste de mes ennemis. Mauvaise idée. A l'aide d'un des lances rouge-a-lèvres que j'avais légalement obtenu en même temps que mon titre d'OURS, je plantais une cartouche dans l'arrière du crâne de la bête qui s'effondra, comme prévu, sur le coup. J'avais moins prévu de me vautrer avec elle et donc de ne pas pouvoir enchaîner en tirant sur le reste de la peuplasse. Le temps que je m'extirpe et que je retrouve mes armes, les 6 bonhommes, heureusement avaient cru à une erreur de parcours et me faisaient gentiment la morale comme quoi "ce n'est pas sur les autruches qu'il faut tirer mais bien sur la grosse dinde et que si je n'avais plus de monture, c'était tant pis pour ma poire". La stupidité des OURS étant définitivement acquise, je me demandais bien ce qui les distrayait plus encore que le fait qu'un des leurs (à savoir moi) venait de chuter. La réponse m'apparut assez rapidement quand je les entendis discuter à propos des paroles de Gronchubidard : les six andouilles se demandaient s'ils devaient lever la main ou non à leur tour. Quant à moi, je réfléchissais posément au problème. Lion n'était assurément pas dans le coin et, au mieux, devait encore se trouver à l'intérieur du manoir où la grosse, le nain et le noble devaient l'attendre de pied ferme. Joe venait de disparaître de ma vue et devait penser que j'étais un connard de traître. Et moi... Et moi. Finalement, je ne pouvais compter que sur un type qui me paraissait sympa et qui était le seul à agir raisonnablement : envoyer un ennemi dans le mur, c'est bien.

Aussi, lorsqu'hésitant, Pétoncle leva la main, pour tester la réaction du gros prêtre, je savais de quel côté je me rangerais : celui du moins con. Et c'est sans hésitation que je tirais sur l'OURS à l'aide d'une de leurs armes fétiches ce qui provoqua la chute de celui-ci, la cartouche de rouge-à-lèvres lui ayant percé le cou. Un p'tit coup de bol vu que je ne maîtrisais pas vraiment les armes à feu de ce genre. Si les cavaliers n'avaient pas prévu quelque chose, c'était bien ça. Eux qui s'apprêtaient à riposter face à l'assaut du gros prêtre commençaient seulement à comprendre que je les avais dupés et leurs mines en colères me donnaient raison. Le pire affront qu'on puisse faire à un gay, c'est lui faire croire qu'on l'est aussi. Alors que j'enlevais mon chapeau de cow-boy, ils regardaient avec tristesse leur compagnon en pleine agonie. Alors que je quittais le bas de costume pour mon habituel genre, ils hurlèrent à la trahison. Puis j'enlevais leur gilet pour reprendre ma veste habituelle et ils me pointèrent du doigt avec rage. Et c'est quand je m'essuyais mon maquillage tant bien que mal (notamment à l'aide de salive) qu'ils commencèrent à prendre une étrange position en triangle, sur une chorégraphie des plus cocasses.

"Parce qu'il s'oppose au baron... Parce qu'il a encore une fois tué l'un des nôtres... Parce qu'il a trahi l'escouade ! PARCE QU'IL N'A AUCUN HONNEUR ! FORMATION FRUIT DE LA PASSION ! ♥ Fruit de la passion? ABATTEZ-LE, LUI ET LE GROS, YAY !"

Les cinq cavaliers encore debout passèrent du triangle à une sorte de... Ah bah si, c'était bien un endroit obscène, fruit de la passion des gays, qui se dessinait là. Certes, l'absence d'une bonne moitié de l'escouade rendait l'ensemble moins suggestif que ce que devait être le résultat habituel, mais tout de même. C'est la première fois de ma vie que je me sentais menacé par un cul. La petite danse perpétuelle des OURS n'aidant en rien l'entreprise à être moins inquiétante : voilà qu'ils assemblaient l'ensemble de leurs armes (soutifs, rouge-lèvres, harmonicas et divers autres petits ustensiles) qui étrangement s'emboîtaient parfaitement pour former... un fouet? Oui, c'était bien ça. L'outil, qui à première vue ne ressemblait à rien de connu, semblait vraiment faire office de fouet. Seulement, c'était un fouet qui dégageait d'étrange senteurs, dont le manche tirait des rouge à lèvres et j'en passe et des meilleures. L'arme SM la plus efficace que le monde n’ait jamais connu. Entre les mains d'une bande de monteurs d'autruches. Si j'hésitais entre rire et pleurer, je me rapprochai du gros bonhomme. J'enlevais alors mes lunettes en forme de nœud papillon que je jetais un peu plus loin, reprenant ainsi mon apparence habituelle. Je sortais cependant les deux similis de pistolets que j'avais conservé pour l'occasion, conscient que la trop courte distance qui me séparait des ennemis m'empêchait de me servir correctement de mon fusil et que ces merdes étaient les seules armes dont je savais moyennement me servir dans le coin.

"Hey le gros. Je crois que les équipes sont faites."


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