AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Prémice au changement. [Pv. Nelson H. Charles]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
• I'm Invité



MessageSujet: Prémice au changement. [Pv. Nelson H. Charles]   Mar 15 Nov - 1:22




    Où que l'on soit dans le monde, au moins une chose reste constante : la couleur des murs d'une base de la Marine. Cela faisait déjà 3 jours que l'équipage venant de la base de Toroa avait accosté sur Centaurea. Tous les soldats n'étaient pas encore arrivés, laissant encore de nombreuses chambres vides. Chacun voulant partager la chambre avec des amis, Kioshi s'était vite retrouvé dans une chambre vide de quatre lits. Cette situation arrangeait bien le Sergent, non pas qu'il ne cherchait pas l'amitié, c'était juste qu'il tenait cette notion en trop haute estime pour s'y lancer sans une entière confiance en la personne. Une trop haute estime en beaucoup de choses qui lui a souvent porté préjudice.

    Après une longue marche à travers les dédales de couloirs d'un blanc à peine entamé par le temps, Kioshi arriva dans le hall d'entrée. Seuls deux ou trois soldats se ruant à droite, à gauche en brandissant des papiers, trahissaient le combat qui se tramait sur l'île. Alors que ses mains allaient se poser sur la poignée de la porte d'entrée, une voix féminine retentit dans le hall.

    "Monsieur, il est dangereux de sortir avec tout ce bazar. Vous pourriez vous faire attaquer ou même assassiner par des Révolutionnaires."

    "Votre sollicitude me touche" répondit-il avec un léger sourire aussi faux que l'or sur la poignée.

    L'air marin s'infiltra à travers l'entrebâillement de la porte. Son parfum saturé de sel emplit les poumons du sergent. Le bruit de bataille résonnant à travers l'île s’y fit alors entendre, comme l'écho d'un rêve pendant les premières minutes du réveil où l'on ne savait dire si c'était réel ou non. Sans aucun regard en arrière vers la base et vers le bout de terre, perdu dans l'océan qu'était Centaurea, Kioshi entreprit de marcher vers l'extrémité du bras de terre. Comme un plongeur s'avançant vers le bout du tremplin, l'esprit du Sergent brûlait d'excitation à l'idée de se jeter dans l'immensité des océans du monde. Il avait déjà parcouru l'océan en tant que soldat mais il était restreint par les ordres et le devoir. Une pensée bien séduisante que cette prétendue liberté, se persuader que le relent continuel des vagues était la promesse d'un monde où l'on pourrait vivre et mourir comme notre cœur le désire. C'est là une chimère facile à laquelle succomber, avant de se retrouver au moment où la faim, la soif et les besoins vitaux ne viennent rappeler à notre esprit égaré que nous n’étions en définitive jamais entièrement libres. Peu étaient les personnes qui se contentaient, après avoir été ramenées à la réalité, de leur propre travail pour jouir de ce nouveau mode de vie que la mer leur offrait. La piraterie était une autre réponse. Même si parfois il était sous couvert de ne porter préjudice qu'aux gens qui profitaient des autres, le résultat restait le même. Pour leur liberté égoïste, ils volaient une partie de la vie des autres, voir la prendre littéralement.

    Le raille d'un goéland ramena Kioshi à la réalité. Son regard se posa sur les vestiges d'anciennes batailles qui n'avaient pas encore cicatrisé sur un flanc de terre. Hormis toutes ses histoires de révolutionnaires, cette journée se présentait plutôt bien, le ciel semblait totalement indifférent aux folies des hommes offrant un de ses plus beaux bleus. Ce calme était d'autant plus frappant qu'il arrivait après une soudaine tempête dans sa vie de soldat de la Marine. Hier encore, lui semblait-il, Kioshi laissait vagabonder son esprit sur les plages de Toroa pendant son temps libre. La proposition faite à tous les soldats de rejoindre l'offensive sur South Blue, pour la justice, la gloire de la Marine et pour peut-être obtenir primes et avancements, avait mis une certaine pagaille dans la base d'ordinaire si tranquille. La mer, forcée, avait peu de temps après accepté en son sein les navires partis amener toutes les têtes brûlées de West Blue vers la fameuse île de Centaurea. La Justice, ce mot revint à l'esprit du Sergent, déclenchant sans qu'il ne puisse rien y faire un sourire intérieur. « Quand n'aurons-nous plus le besoin d'invoquer de tels étendards abstraits pour mobiliser les gens dans un combat, armés ou pas, pour défendre leurs idées de la société et du monde ? », songea Kioshi. Toujours était-il que le voyage avait été des plus déplaisants. Du début, des bleus excités qui couraient en tous sens, brassant plus d'air que produisant un véritable travail ; ou de la fin, ceux qui n'étaient pas malades n'attendaient que la fin du voyage peu importe l’île, il était difficile pour Kioshi de déterminer lequel avait été le pire. Mais il faut bien avouer que les mois dans un environnement clos avaient réussi à ébranler la constante impassibilité du Sergent. Il n'avait trouvé sur ce navire aucune personne vraiment digne d'intérêt.

    Chassé par la nuit, le Soleil se résigna à laisser cette partie du monde à la Lune, recouvrant peu à peu l'île sous un manteau de ténèbres. Kioshi lança un regard en arrière vers le bâtiment de la Marine. Il n'était pas venu pour répondre à l'appel de la Justice, ni pour la gloire, mais s’il fallait commencer quelque part pour atteindre son but c'était surement sur cette île grouillant de révolutionnaires. Un but dans le fond commun, mais avec deux différentes manières de l'atteindre. Laissant aller son visage à une expression d'espoir et prenant une profonde inspiration, le Sergent refit rapidement les plis de son Hakama déformé par les vents marins. « Demain est un autre jour », pensa-t'il tout en rentrant à la base. Son visage avait repris, à la seconde où il s'était retourné, son inexpressivité caractéristique.


Revenir en haut Aller en bas

Invité
• I'm Invité



MessageSujet: Re: Prémice au changement. [Pv. Nelson H. Charles]   Mer 16 Nov - 10:20



    Le clapotis des vagues sur la coque du navire se faisait de plus en plus violent, le vent s'était levé et gonflait les voiles. Mais ce fabuleux spectacle d'un vaisseau avançant à toute allure, brisant les vagues comme si de rien n’était, n'était pas du goût de notre jeune aventurier. Il n'avait jamais quitté sa ville natale alors parcourir un aussi long trajet que celui qui reliait Marijoa à Centaurea comme premier voyage était plus que difficile à supporter. Fini le confort d'un palais de Tenryuubito, voilà que commençait une vie bercée par le ballotement des navires, ce qui n'était jusqu'ici pas au goût de son estomac. Avoir le mal de mer pour un soldat de la Marine était tout de même un comble, et ce ne passa pas inaperçu aux yeux des ses camarades nouvelles recrues, entrainant de nombreuses moqueries à son sujet. Mais il en fallait bien plus pour l'énerver, surtout que ce n'était pas la chose la plus difficile à laquelle il devait faire face. Ces vingt et une dernières années de noblesse lui avaient inculqué beaucoup trop de bonnes manières, et dans les quartiers des jeunes recrues, ce n'était malheureusement pas ce qui aidait à se faire respecter. C'est donc dans la solitude et dans la maladie que se déroula son périple vers sa première affectation.

    Alors que Charles occuper le pont, pour officiellement faire le guet, il fut le premier à apercevoir les formes montagneuses de Centaurea. Il n'était plus bien loin de fouler à nouveau la terre ferme et retrouver des couleurs. Il était tellement soulagé que le voyage se finisse qu'il laissa échapper un long soupir, mais ce sentiment fut de courte durée. Alors qu'ils approchaient de plus en plus de l'île, on entendait déjà le bruit des combats qui faisaient rage en son sein. Impressionné par le vacarme que pouvaient engendrer de tels combats, il commença à se remémorer la dernière fois qu'il avait entendu un véritable coup de feu. La peur et le malaise de ce mauvais souvenir lui fit perdre totalement la notion du temps et de l'espace et ce ne fut seulement que lorsque le bateau accosta qu'il reprît ses esprits. Un étrange sentiment de doute s'installa en lui, avait-il vraiment réfléchi aux conséquences de son engagement dans la Marine? Après tout il risquait sa vie, mais ce qui le terrifiait le plus maintenant n'était pas le combat en lui-même, mais qu'un black-out comme celui-ci se reproduise un jour, surtout dans une situation importante. Il secoua vivement la tête pour ne pas replonger dans des pensées si obscures, après tout Ulvlad St-Alaric lui avait donné des indications précises : il devait remettre la lettre qu'il lui avait confié à un certain Sergent nommé Kioshi Eldric. Comment il allait le trouver était une autre histoire. Avant tout, il devait aller récupérer ses affaires pour commencer le débarquement.

    Le bruit de la terre qui se tasse sous les pas rythmés des soldats qui descendaient du bateau, un son agréable aux oreilles de Charles. Trois mois de navigation était véritablement trop pour l'instant, de plus retrouver un lit ne lui était pas de refus non plus. La file avançait lentement, puisque chaque marine se voyait affecter un rôle ainsi qu'une chambre dans les quartiers de l'avant-poste. A son tour, il arriva devant l’officier.

    - Sergent deuxième classe Nelson H. Charles, vous êtes affecté à l'aile B3 chambre 33, vous serez de corvée de nettoyage du hall d'entrée. Suivant!


    A peine avait-il reçu son ordre de mission qu'il fut bousculé par l’homme derrière lui. Ils ne semblaient pas très patients dans la Marine ! De plus, le stress que devait créer la situation dans laquelle était l'île ne rendait pas les gens très sympathiques. Par-dessus le marché, il était de corvée de nettoyage, lui qui n'avait jamais fait ça de sa vie, il se demandait bien comment il allait faire. L'avant-poste n'était pas très grand et les bâtiments étaient blancs comme neige. Aucun moyen d'avoir des repères et notre jeune soldat se serait perdu s'il n'avait pas croisé la réceptionniste.

    - Vous semblez perdu, puis-je vous aider?


    Charles salua la dame d’une belle révérence avant de lui demander son aide.

    - Merci de m'apporter votre aide, je suis justement à la recherche de l'aile B3. Sauriez-vous où je peux la trouver?


    - Oui bien sûr, continuez le long de ce couloir, première à droite, puis à gauche.


    Cette dame semblait bien connaître l'endroit et avait surement du croiser beaucoup de soldats ces derniers jours. Charles se demandait si elle connaissait l'homme qu'il cherchait.

    - Je vous remercie. Puisque vous semblez bien connaître l'endroit, j'aurais voulu savoir si par hasard vous connaissiez un Sergent Kioshi Eldric?


    - Ah oui, effectivement. Vous n’avez pas de chance, je l'ai vu sortir il n'y a pas longtemps. Cependant, si vous attendez dans le hall, vous devriez le voir revenir. Il est facile à reconnaître, il fait dans le mètre soixante-dix, porte un grand manteau, mais surtout, son visage est totalement inexpressif.


    -Oh, je vous remercie encore une fois, vous venez de me rendre un bien grand service!


    Première bonne nouvelle de la journée. Cela faisait longtemps qu'il se demandait à quoi pouvait ressembler ce fameux sergent, mais maintenant qu'il en savait un peu plus sur lui, la curiosité l'envahit. Un visage inexpressif? Une personne qu’Ulvlad St-Alaric semblait porter dans son estime ? Quel genre d’individu pouvait-il bien être ? Tant de questions lui traversèrent l’esprit, alors qu'il attendait patiemment depuis plusieurs heures dans le hall, après avoir déposé ses affaires dans sa chambre. Quand la porte s'ouvrit, il n'y avait plus de doute, cela ne pouvait être que cet homme. Un visage aussi expressif que la mort, c’était lui. Il fut d'abord surpris, car il imaginait plus un soldat très musclé, ce qui ne semblait pas être le cas, au contraire, il donnait l'impression de cacher ses pensées derrière son air "je ne pense à rien, je ne suis rien", ce qui le classait plus comme une éminence grise, un profil qui plaisait beaucoup à Charles. A peine avait-il fermé la porte derrière lui que Charles se rua sur lui la lettre à la main. Il était très heureux, car cette personne avait l’air d’être quelqu'un avec qui il pourrait avoir d’autres discussions que les reproductions incestueuses et les cuites au rhum.

    -Heureux de faire votre connaissance, je suis Nelson H. Charles, cela fait trois mois que je voyage sur les mers de ce monde en attendant impatiemment de vous voir. Je suis extrêmement heureux de rencontrer la personne à qui cette lettre est destinée ! Tenez, la voici. Il s'agit du sceau du Vice-Amiral Ulvlad St-Alaric, et comme vous pouvez le voir, il est resté intact entre mes mains.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
• I'm Invité



MessageSujet: Re: Prémice au changement. [Pv. Nelson H. Charles]   Jeu 17 Nov - 5:20




    La lourde porte d'entrée se referma lentement sur la nuit fraiche. Kioshi avait la mauvaise impression d'être du mauvais côté de la porte, enfermé une nouvelle nuit dans l'espace clôt du bâtiment. Un sentiment qui se renforça lorsque Kioshi vit venir vers lui un jeune soldat la main en l'air. Le visage de l'homme, qui n'avait pas encore repris toutes ses couleurs, trahissait une arrivée récente sur l'île de Centauréa. Cependant, un tel enthousiasme et une telle énergie, après un voyage qui avait surement dû prendre des mois, laissait deviner une bonne endurance autant psychologique que physique. Ce qui attira le plus l'attention de Kioshi étaient les indices caractéristiques d'une certaine appréhension sur son visage, surement due à l'éminence des combats. Sentiment qui serait une preuve de sagesse, malheureusement peu rependue, songea le sergent en posant son regard las sur les autres soldats qui débordaient soit d'un enthousiasme aveugle sur une île où ils risquaient de mourir soit pris d'une peur paralysante.

    "Heureux de faire votre connaissance, je suis Nelson H. Charles, cela fait trois mois que je voyage sur les mers de ce monde en attendant impatiemment de vous voir. Je suis extrêmement heureux de rencontrer la personne à qui cette lettre est destinée ! Tenez, la voici. Il s'agit du sceau du Vice-Amiral Ulvlad St-Alaric, et comme vous pouvez le voir, il est resté intact entre mes mains."

    Pendant quelques instants Kioshi resta immobile devant la main tendue de Charles. "Le sceau du Vice-Amiral Ulvlad St-Alaric" se répéta le sergent dubitatif. Il connaissait plutôt bien le cas très particulier, voire historique, de cet officier pour l'avoir étudié en tant que recherches personnelles sur des changements possibles pour le gouvernement. Que pouvait bien vouloir une telle personne à un soldat lambda comme lui ? Le reflet de la lune, alors qu'un soldat venait d'ouvrir la porte, sur les yeux de Charles ramena Kioshi à la réalité.

    "Un plaisir partagé, merci d'avoir accompli cette mission avec autant de soin." répondit-il seulement avec l'habituelle fausse gentillesse teintée d'ironie qu'il témoignait aux gens qu’il ne connaissait pas. Cependant, il ne pouvait nier la curiosité, et par conséquent l'intérêt, qui commençait à monter en lui. Avec un geste précis, il décacheta la lettre et commença à la lire en jetant de temps en temps un regard à son interlocuteur.


    Une affectation à son service ? Voilà quelque chose qui pouvait se targuer d'avoir surpris le sergent qui ne s'y attendait pas. Il avait certes témoigné des capacités de gestion et de commandement lors de son affectation sur Toroa mais pas un seul indice venant des officiers ne l'avait préparé à ça. "Un contact", apparemment le vice-amiral, ou le fameux contact, n'avait pas voulu qu'il sache de qui on parlait. Il était explicitement mention de ses "inclinations à la réflexion et au changement ", comme l'avait si bien dit le Vice-Amiral, ce qui sous entendrait que ce soldat devant lui, n'était pas "n'importe quel soldat" mais une personne susceptible de l'intéresser. Peut -être que les huiles de la Marine avaient finalement décidé de le faire surveiller dans la crainte d’une désertion ? Il regarda Charles dans les yeux. Il fut amusé d'y trouver à défaut de naïveté, comme ses phrases et ses actions pouvaient le faire penser, de l'intérêt et de l'ambition. Le visage de Kioshi se détendit légèrement.

    "Si c'est un ordre alors on ne peut rien y faire" commença Kioshi, "Avez-vous déjà mangé ? J'avais prévu de passer à la cantine, à cette heure-ci il ne devrait plus y avoir grand monde."

    Joignant le geste à la parole, Kioshi se tourna tranquillement vers le couloir de droite en invitant le soldat à le suivre. Il n'y avait rien de mieux que la nourriture pour baisser les défenses d'un Homme et pour essayer d'entrevoir sa véritable personnalité.
Revenir en haut Aller en bas

• I'm Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Prémice au changement. [Pv. Nelson H. Charles]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Prémice au changement. [Pv. Nelson H. Charles]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
OnePiece Yozoru Kairo :: Chapitre I :: Centaurea - Avant Post Marine-
Sauter vers: